La Chine a mené à bien lundi son premier rendez-vous avec des astronautes à bord, en mode automatique, un peu plus de sept mois après être parvenue à réaliser cette prouesse technique avec deux vaisseaux inhabités, a rapporté la télévision nationale chinoise CCTV.

Le vaisseau Shenzhou («Vaisseau divin») IX, qui avait décollé samedi de la base de Jiuquan (nord-ouest) avec deux hommes et une femme à son bord, s’est amarré au module Tiangong-1 («Palais céleste») peu après 06h00 GMT (8h, heure suisse), selon les images diffusées par CCTV.

L’ouverture de la porte de Tiangong-1 pour permettre aux «taïkonautes», selon le nom donné aux astronautes chinois, de se rendre à bord du module devrait intervenir aux alentours de 09h30 GMT (11h30, heure suisse), a indiqué la télévision chinoise.

Au cours de sa mission prévue pour durer 13 jours, l’équipage de Shenzhou devra encore réaliser un amarrage manuel, qui sera une première pour la Chine.

Parmi les trois astronautes à bord de Shenzhou IX se trouve Liu Yang, première Chinoise envoyée dans l’espace et assurée de devenir une héroïne pour plus de 1,3 milliard de ses concitoyens.

Le 29 septembre 2011, une fusée Longue Marche 2F avait lancé Tiangong-1, premier module de station orbitale chinoise.

Le 3 novembre, la Chine avait effectué son premier «baiser spatial» en réussissant l’amarrage de Tiangong-1 et du vaisseau Shenzhou VIII, qui, lui, était inhabité. Shenzhou VIII s’était ensuite séparé de Tiangong-1 avant de s’unir de nouveau à ce module le 14 novembre.

Tiangong-1 était resté dans l’espace après le désamarrage de Shenzhou VIII et a abaissé son orbite début juin pour se mettre en position de recevoir Shenzhou IX.

La maîtrise des rendez-vous spatiaux à environ 28 000 km/h en orbite autour de la Terre est une étape cruciale dans la conquête de l’espace, franchie par les Russes et les Américains dans les années 1960.

Le programme de vol habité chinois vise à doter d’ici à une décennie la Chine d’une station orbitale dans laquelle un équipage peut vivre en autonomie durant plusieurs mois, comme l’ancienne station russe Mir ou la Station spatiale internationale (ISS).