Les hôpitaux romands devront-ils faire face à une deuxième vague de coronavirus ces prochains mois? Bien que de nombreuses inconnues subsistent encore quant à l’évolution de la situation sanitaire, ces derniers semblent préparés à tenir la barre.

Dans le canton de Vaud, canton désormais le plus touché de Suisse, on se montre confiant mais vigilant: «Non seulement le nombre de contaminations et d’hospitalisation augmente, mais nous constatons que le profil des personnes touchées évolue également. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont en effet de nouveau davantage concernées, analyse Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la santé et de l’action sociale du canton de Vaud, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi au CHUV. Le système vaudois a toutefois déjà montré sa souplesse, le cas échéant il saura être prêt.»

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Les regards se tournent en particulier du côté du CHUV, bateau amiral qui dénombre actuellement quelque 23 hospitalisations en lien avec le Covid-19, contre 150 au printemps. Depuis le 27 avril, et la reprise des opérations non urgentes – dites aussi électives –, l’hôpital universitaire a retrouvé son rythme de croisière. Fonctionnant à environ 90% de ses capacités, il dispose par ailleurs de 14 lits immédiatement disponibles aux soins intensifs. L’institution entend également engager quelque 86 nouveaux collaborateurs d’ici à l’automne. De quoi lui assurer une certaine marge de manœuvre.

Mesures radicales

On se rappelle qu’au cœur de la crise le CHUV avait notamment procédé à un remaniement de ses services afin de pouvoir accueillir un flux important de patients covid. Des soignants avaient aussi changé de mission pour renforcer les rangs de certaines équipes, alors que l’ensemble du personnel avait renoncé aux vacances ou formations prévues. Du matériel de protection avait en outre spécialement été acheminé de Chine, afin de préserver la santé des collaborateurs, dont environ 10% auraient été contaminés par le coronavirus, selon les résultats préalables de l’étude SérocoViD.

«A la mi-mars, nous avions dû prendre des décisions radicales, retrace Philippe Eckert, directeur général du CHUV. Si nous devions faire face à une seconde vague aussi forte que la première, ce que je ne crois pas, nous devrons sans doute diminuer certaines activités et prendre à nouveau des mesures en termes d’organisation, mais ces dernières seront sectorielles et ne concerneront pas l’ensemble des collaborateurs. Nous essaierons aussi de ne pas impacter le bloc opératoire.»

Depuis le printemps, un service de coordination a également été mis en place entre les différents hôpitaux romands afin d’assurer un suivi en continu de la disponibilité des lits en soins intensifs. «Nous nous sommes aussi mis d’accord sur le fait que des patients puissent être adressés à l’Inselspital de Berne si les structures romandes devaient être débordées», ajoute Rebecca Ruiz.

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