A deux semaines de la votation fédérale sur la loi sur les cellules souches de l'embryon, l'Université de Genève accueille plusieurs spécialistes mondiaux de ce domaine dans le cadre du onzième Colloque Wright pour la Science. Du 15 au 19 novembre, ce cycle de rencontres consacrées au thème «Cellules souches et médecine régénératrice» permettra au grand public du prendre connaissance des récentes avancées scientifiques, mais aussi de s'imprégner des réflexions éthiques qui y sont liées. Car voilà l'homme contemporain capable de manipuler ces «pièces de rechange» du corps humain que sont ces fameuses cellules souches, situées dans l'embryon de quelques jours ou dans toute personne adulte. Y sont rattachés les espoirs thérapeutiques les plus divers consistant à soigner ou remplacer certains organes (lire LT du 8.11.2004). Le 17 novembre, Ronald McKay, des Instituts nationaux américains de la santé, viendra ainsi présenter ses travaux sur les cellules souches du système nerveux, qui débouchent aujourd'hui déjà sur des applications cliniques.

Certains vertébrés, comme la salamandre, possèdent de fantastiques capacités d'«auto-reconstruction». D'autres en semblent privés. Dans quelle mesure ces cellules souches y sont liées? Deux scientifiques renommés – Nadia Rosenthal, du Laboratoire européen de biologie moléculaire en Italie (16 novembre), et Jeremy Brockes, du University College de Londres (19 novembre) – évoqueront cette question, avec en filigrane, toujours, les perspectives de régénérer les tissus ou organes abîmés ou détruits.

Ces révolutions biotechnologiques sortent souvent des cadres légaux existants, remettent certaines valeurs en question et laissent parfois le public désarmé. Elles suscitent aussi des réflexions éthiques destinées à recadrer le dynamisme des scientifiques, de manière à éviter les dérapages sans toutefois entraver les progrès de la médecine. C'est ce à quoi se consacre Henri Atlan. L'éthicien français, directeur d'étude à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, parlera de ses pistes de travail, offrant, comme les autres intervenants, une ouverture internationale sur ces thèmes complexes.

A noter enfin que Ian Wilmut, «père» du premier animal cloné – la brebis Dolly –, qui devait parler le 15 novembre du potentiel thérapeutique des cellules souches d'embryons, a annoncé qu'il ne pourrait pas participer au Colloque Wright. La personne qui le remplacera n'est pas inconnue, puisqu'il s'agit de Jean-Paul Renard, «père», lui, de Marguerite, la première vache clonée en 1998. Lundi soir, le directeur de l'unité Biologie du développement à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) évoquera donc le clonage chez les animaux.

Du 15 au 19 novembre. Toutes les conférences, suivies d'une table ronde, se déroulent à l'Université Dufour, rue Général-Dufour 24, Genève, à 18h30.

Le mercredi 17 novembre, de 14h à 16h, rencontre avec les intervenants destinée aux jeunes de 14 à 20 ans. Entrée libre. Programme détaillé sur http://www.colloque.ch