La principauté de Monaco avait proposé d’inscrire le thon rouge, espèce à haute valeur commerciale à l’Annexe I de la Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages menacées (CITES) afin d’en interdire le commerce international et de protéger cette population victime de surpêche.

Le Japon, qui consomme 80% du thunnus thynnus et qui s’y opposait, a été largement suivi par les pays en développement. La proposition a donc été rejetée par 68 voix, contre 20 favorables et 30 abstentions. La proposition européenne, qui prévoyait un délai d’inscription à l’Annexe I, a également été rejetée par 72 voix contre 43 et 24 abstentions.

Monaco regrette un «débat avorté»

La Suisse soutenait les demandes pour faire inscrire le thon rouge sur la liste de la CITES des espèces protégées. Le représentant de Monaco a de son côté regretté «un débat avorté». «Je regrette aussi de n’avoir pu répondre à certaines contre-vérités énoncées», a indiqué Patrick van Klaveren, chef de la délégation de Monaco.

«La majorité des pays a décidé de faire confiance à l’ICCAT (la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, qui réunit les pays pêcheurs), jugeant qu’elle avait tous les éléments pour résoudre le problème. Qu’elle le montre!», a-t-il déclaré. «Sinon nous nous retrouverons la prochaine fois dans la même situation».

La population du thon rouge, très prisé pour la confection de sushis, a très fortement diminué en l’espace de dix ans. C’était la première fois que la conférence des parties à la CITES devait se prononcer sur une demande de régulation d’un poisson qui a une valeur économique très importante.

L’ours blanc victime du climat

Les participants à la réunion ont également refusé d’interdire le commerce des ours polaires. Pour la majorité des intervenants, la principale menace pesant sur les 20’000 à 25’000 ours blancs répartis entre les Etats-Unis (Alaska), le Canada, le Groenland, la Norvège et la Fédération de Russie est le changement climatique et la fonte des glaces arctiques qui réduit son habitat.

Les Etats-Unis de leur côté prônaient une «démarche de précaution», rappelant que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait classé cette espèce parmi les «vulnérables» en 2008 et que leur nombre avait déjà diminué de 30% en trois générations, c’est-à-dire en 45 ans.

Jane Lyder, la cheffe de délégation, a aussi fait valoir que jusqu’à 700 ours étaient tués illégalement chaque année, notamment en Russie. Mais le Canada a soutenu qu’à peine 2% des ours polaires «entrent dans le commerce chaque année» et que ce chiffre n’augmente pas. L’ours est chassé principalement pour sa peau, ses dents et ses os utilisés dans l’artisanat.

Environ 300 ours font l’objet d’un commerce international chaque année, principalement géré par les populations autochtones, dont 210 par les communautés Inuits du Canada.

Satisfaction suisse

L’ours polaire est déjà inscrit depuis 1975 à l’Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction, qui autorise un commerce contrôlé.

La Suisse a exprimé sa satisfaction. Une inscription à l’Annexe I «n’aurait rien apporté à la survie de l’ours polaire», explique Mathias Lörtscher, de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), qui participait à la réunion, sur un blog de l’OFEV.