Ces discussions intermédiaires, placées sous l’égide de l’ONU, vont durer jusqu’à vendredi. Elles visent à aboutir en fin d’année à l’accord le plus ambitieux jamais signé pour lutter contre le réchauffement climatique. Celui-ci doit prendre le relais du protocole de Kyoto pour l’après-2020.

Les pourparlers se sont ouvertes par une séance plénière, suivie de sessions de travail à huis clos. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est attendu en fin de journée «pour faire le point des négociations sur l’avancement du futur accord».

«La session de Genève étant la seule session de négociation d’ici mai, son objectif est de produire le texte de négociation le 13 février» à l’issue des travaux, ont souligné dans une note les deux coprésidents des débats, l’Algérien Ahmed Djoghlaf et l’Américain Daniel Reifsnyder. Ils appellent à des discussions «constructives».

Lourdes conséquences

L’objectif est connu. Il faut limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Faute de quoi la science prévoit un dérèglement climatique lourd de conséquences sur les écosystèmes, les sociétés et les économies, en particulier des régions les plus pauvres.

Au rythme actuel, le monde file vers +4° à +5° à la fin du siècle si aucune mesure draconienne n’est prise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces dernières sont liées notamment à l’usage massif d’énergies fossiles.

Décarboniser l’économie

Lundi passé, l’Organisation météorologique mondiale confirmait que l’année 2014 a été la plus chaude jamais enregistrée sur la Terre, suivant une tendance de fond.

«Nous devons déclencher une profonde décarbonisation de l’économie mondiale», explique la responsable climat de l’ONU Christiana Figueres. Elle prévient toutefois qu’il ne faut pas attendre de Genève un texte finalisé, mais plutôt espérer un document reflétant un peu mieux les points communs.

Eventail d’options

De fait, les Etats se divisent autour des moyens à mettre en oeuvre, comme le reflète le brouillon d’accord de 37 pages qui sera étudié à Genève. Ce document propose un éventail d’options sur des questions-clés: comment répartir la charge des réductions d’émissions entre pays du Nord et pays du Sud? Quelle place réserver aux grands pays émergents: Chine, Inde...?

Les pays en développement attendent aussi des pays développés qu’ils mobilisent les fonds promis pour financer à la fois les mesures d’adaptation et de lutte contre le réchauffement climatique. Cela représente 100 milliards de dollars annuels d’ici 2020, soit 93 milliards au cours du jour.

Mécanisme de révision

«Nous devons nous assurer que cet accord soit non seulement ambitieux et tourné vers l’avenir, mais aussi juste et équitable,» a déclaré, à la veille de la réunion, le président du groupe des pays les moins avancés (LDC).

Parallèlement aux négociations, les Etats sont invités à communiquer au cours de l’année leurs engagements en matière de coupes dans leurs émissions. Inconnue du futur accord: quel sera le mécanisme de révision et de progression pour ces engagements? Ces derniers sont à ce stade insuffisants pour tenir la trajectoire des +2°.