Les dirigeants européens ont mis jeudi 17 septembre la pression sur les autres grands pays industrialisés dans la lutte contre le réchauffement climatique, demandant de débloquer jusqu’à 7 milliards d’euros dès l’an prochain pour aider les pays pauvres.

«Le G20 devrait reconnaître qu’il est nécessaire que l’aide publique internationale démarre rapidement pour répondre aux besoins urgents de financement dans le domaine de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, en particulier les pays les moins développés», ont demandé les dirigeants des 27 dans un communiqué commun publié à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

L’UE estime à environ «5 à 7 milliards d’euros par an» les besoins de financement pour la période 2010-2012.

La Commission européenne vient d’évaluer à 100 milliards d’euros par an, les besoins nécessaires en la matière d’ici 2020. L’argent que les dirigeants européens demandent au G20 de débloquer dès l’an prochain, et pendant trois ans, serait une forme d’avance sur cette enveloppe globale.

«Tous les pays, à l’exception des moins développés, devraient contribuer au financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, les financements étant affectés en fonction des besoins, de manière que les pays en développement reçoivent plus que le montant de leur contribution», ont estimé les 27 chefs d’Etat et de gouvernements.

L’Union européenne divisée

Toutefois, certains pays de l’UE, notamment en Europe de l’Est, restent réservés face à ces objectifs d’aides aux pays en développement, et notamment à l’égard du chiffre de 100 milliards d’euros, auquel ils devront contribuer.

Avant de fixer de tels objectifs, les pays européens devraient d’abord décider entre eux comment ils se répartiront l’effort, estiment des pays comme la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, mais aussi l’Italie, souligne un diplomate européen.

La répartition de l’effort de financement de l’aide au Tiers-Monde est en effet devenu un enjeu interne majeur entre Etats de l’UE.

«Chacun doit prendre ses responsabilités, doit être prêt à payer», a dit le président français Nicolas Sarkozy au cours d’une conférence de presse à l’issue de la réunion.

«Si les pays émergents se dotent des mêmes objectifs que ceux dont nous nous sommes dotés, nous les aiderons financièrement, mais s’ils ne se dotent pas des mêmes objectifs, progresse l’idée que pour rééquilibrer les conditions du libre-échange et de la concurrence, il faudra mettre un mécanisme d’ajustement aux frontières», a-t-il mis en garde, en réitérant sa menace d’une taxe carbone extérieure. «On ne peut pas taxer les industries européennes et exonérer les autres», a-t-il dit.

Les Européens ont prévu de réduire leurs émissions de 20% au moins d’ici 2020 par rapport à 1990, et de 30% si les autres grands pays signent un accord international ambitieux lors du sommet sur le climat de Copenhague en fin d’année.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays préside l’UE, a déploré jeudi que les négociations sur la protection du climat avançaient «trop lentement». «Les négociations avancent trop lentement. Les objectifs de réductions (des gaz à effet de serre) de certains pays ne sont pas suffisants», a dit M. Reinfeldt.