La Suisse va compenser une partie de ses émissions de CO2 via des projets au Ghana, a annoncé mercredi le gouvernement suisse, qui a conclu un accord similaire avec le Pérou en octobre.

Selon l’Accord de Paris, la Suisse s’est engagée à réduire de 50% d’ici à 2030 ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.

Berne estime pouvoir atteindre cet objectif en agissant avant tout sur son territoire. Mais en vertu de l’Accord de Paris, la Suisse peut aussi prendre en compte les réductions d’émissions réalisées en menant des projets climatiques dans d’autres pays.

La Suisse a signé un accord compensatoire avec le Pérou le 20 octobre, qualifié de «premier accord de ce genre au niveau mondial». L’accord avec le Ghana est le deuxième.

«En concluant cet accord, la Suisse jette les bases pour mettre sur pied des projets climatiques internationaux qui répondent à des exigences strictes en matière de protection de l’environnement tout en respectant les normes internationales de protection des droits de l’Homme», indique la Confédération suisse dans un communiqué.

«L’accord oblige en outre les deux parties à utiliser une méthode qui prévient le double comptage des réductions d’émissions réalisées. Le respect des critères définis sera contrôlé tout au long de la réalisation des projets climatiques», poursuit-elle.

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La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et un représentant du gouvernement ghanéen signeront l’accord dans les prochains jours lors d’une vidéoconférence.

Les glaciers des Alpes suisses sont en constant déclin. Ils ont cette année perdu 2% de leur volume, selon une étude annuelle de l’Acadamie des Sciences suisse.

Même si la planète mettait pleinement en œuvre l’Accord de Paris sur le climat adopté en 2015 – qui appelle à limiter le réchauffement de la température mondiale à un niveau bien inférieur à 2 degrés Celsius – les deux tiers des glaciers alpins risquent de disparaître, selon une étude publiée l’an dernier par l’Université de Zurich.

Selon un récent rapport du gouvernement suisse, le secteur financier du pays continue d’investir beaucoup trop dans la production de pétrole et de charbon, en dépit des progrès vers plus d’investissements respectueux du climat.

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