Décidemment, les scientifiques s’intéressent à la manière de boire des animaux. Après les chats et les chiens, c’est au tour des colibris d’être sous les projecteurs. Il faut dire que ces minuscules oiseaux que vénéraient les Aztèques sont fascinants, rappelle le New York Times.

Ils vivent leur vie à un rythme effrené, leur coeur bat jusqu’à 1200 fois par minute et leurs ailes jusqu’à 200 fois par seconde. Des biologistes de l’Université du Connecticut ont filmé en slow-motion cet oiseau de tous les records lorsqu’il s’abreuve du nectar des fleurs. Il est si rapide qu’on dirait une vidéo tournée à vitesse normale.

Depuis le XIXe siècle, on pensait que leur langue garnie de fins sillons leur permettait de faire remonter le liquide jusqu’à leur bec par capillarité, un phénomène dans lequel le liquide peut monter malgré la gravité, ce qui arrive par exemple lorsqu’on plaque ensemble deux surfaces de verres mouillées.

Dans une étude publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B, Alejandro Rico-Guevara et ses collègues ont toutefois réfuté cette explication. Ils ont ainsi montré que la langue des colibris s’aplatit pour atteindre le nectar en écartant les parois végétales, avant de reprendre sa forme originelle, capturant ainsi le liquide.

Cette découverte pourrait amener les biologistes à revoir la manière dont co-évoluent les colibris et les plantes. Car tout dans ce binôme, de la forme des fleurs, à la composition du nectar, en passant par le mécanisme de la langue de l’oiseau, doit être parfaitement adapté pour fonctionner correctement et fournir un avantage sélectif à ces deux partenaires.