Henry Markram poursuit son objectif: simuler le fonctionnement du cerveau humain et ses milliards de neurones interconnectés qui échangent en permanence des signaux chimiques et électriques. Professeur et codirecteur du Brain Mind Institute de l’EPFL, il chapeaute le projet Blue Brain qui réunit informaticiens, mathématiciens, biologistes ou physiciens. Ils sont parvenus à reproduire le fonctionne­- ment d’une partie d’un cerveau de rat grâce notamment à un supercalculateur fourni par IBM, dont les 8000 processeurs sont capables d’effectuer 22 800 milliards d’opérations par seconde. En 2006, ils ont réalisé une version informatique de la colonne corticale, un des composants du cortex des mammifères. Depuis, ils sont parvenus à mettre en réseau 100 colonnes néocorticales de rats. Les scientifiques peuvent ainsi simuler et visualiser l’activité électrique de ces structures qui dirigent les processus sensoriels et cognitifs. Le groupe de recherche a démarré la simulation de certaines maladies, telles l’autisme, la schizophrénie, l’épilepsie ou Alzheimer. Blue Brain permet également aux neuroscientifiques d’assembler les données expérimentales et d’en réaliser une copie informatique. Il a aussi donné naissance à un autre projet d’envergure: le Human Brain Project. Chapeauté par Henry Markram, ce programme qui rassemble 13 institutions de recherche européennes ambitionne de simuler le cerveau humain dans son entier. Il fait partie des six projets «finalistes» retenus par l’UE pour son programme FET Flagship. Cette bourse de recherche accordera en 2012 un financement pouvant aller jusqu’à un milliard d’euros à deux projets parmi les six candidats .