Se libérer de l’emprise de l’alcool d’un claquement de doigts, voilà qui intéresserait tous ceux qui ont déjà eu à affronter les ravages de la gueule de bois, ou qui doivent prendre la route après un verre de trop. Une chimère? Pas forcément, selon des chercheurs de l’Université de Sydney qui viennent de faire une découverte surprenante à ce sujet, comme le raconte le site LiveScience. En injectant une petite dose d’ocytocine, «l’hormone de l’amour», à des rats passablement imbibés, ils seraient parvenus à contrer les effets de la boisson.

Le protocole? Administrer d’importantes doses d’alcool aux rats et leur injecter, ou pas, un peu d’ocytocine. Puis regarder leur comportement, dans des tests rappelant les tests de sobriété chez l’être humain.

Dans les premières expériences, des rats ivres placés dans une petite boîte restent prostrés dans un coin, trop intoxiqués pour bouger. Ceux ayant reçu de l’ocytocine et de l’alcool se déplacent normalement et explorent leur environnement exactement comme le font les rats sobres (voir la vidéo).

Dans une deuxième batterie de tests, les rats sont placés sur une barre suspendue, et les chercheurs tentent de les déséquilibrer en secouant la barre. Résultat, les rats sobres et les rats sous ocytocine parviennent à s’agripper pendant 8 secondes, tandis que les rats intoxiqués ne tiennent que 3 secondes avant de tomber.

L’ocytocine semble avoir contrecarré les effets de l’alcool chez ces rats «à tel point qu’on ne peut les distinguer des rats sobres», a déclaré à LiveScience Michael Bowen, de la Faculté de psychologie de Sydney.

D’après ses travaux, l’ocytocine, produite dans une structure cérébrale appelée l’hypothalamus, empêche l’alcool d’accéder à des régions en charge du contrôle moteur, ce qui limiterait ses dégâts et expliquerait les meilleures performances motrices des rongeurs traités. Il espère reproduire cette expérience chez l’être humain d’ici à quelques mois.

Quoi qu’il en soit, cela ne devrait pas déboucher sur une pilule destinée à décuver, a précisé le chercheur à LiveScience. L’ocytocine n’a en effet aucune conséquence sur l’alcoolémie, autrement dit la quantité d’alcool circulant dans le sang. Les rats traités ont donc, selon toute vraisemblance, écopé eux aussi d’une belle gueule de bois.