Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a rappelé lundi lors d’un discours célébrant les 30 ans de la Convention de Berne qu’elle demeurait «une forteresse du développement durable». Le ministre en charge de l’Environnement réaffirme ainsi l’importance de ce texte, qui se heurte à des oppositions parlementaires.

La cinquantaine d’États signataires - principalement des membres du Conseil de l’Europe, mais également quatre pays africains - de la Convention de Berne s’engagent à émettre des mesures «de protection des espèces, mais aussi un système complet de protection des milieux naturels de disparition».

A l’occasion de ses 30 ans, le comité permanent de la Convention se réunit à Berne de lundi à jeudi. Moritz Leuenberger a souligné dans son discours d’inauguration des célébrations l’importance de cette convention, en affirmant bucoliquement que «l’existence serait moins belle sans un vol d’hirondelles, ou un pré piqué de sage et d’esparcette ou le regard du loup au fond du bois». Cette dernière pique est directement dirigée vers les adversaires du loup, qui attaquent la Convention de Berne dans une motion parlementaire.

Une motion pour dénoncer la Convention

La question de la protection des grands prédateurs, qui est inclue dans le traité, pose problème aux yeux de certains. Les opposants, notamment au loup, arguent des dégâts causés aux troupeaux de moutons pour dénoncer le texte. Le conseiller national Oskar Freysinger (VS/UDC) a déposé fin septembre une motion parlementaire demandant que la Convention de Berne soit dénoncée par la Suisse. La motion, co-signée par plus de 80 parlementaires, sera discutée devant le Conseil national.

«Pas des jouets inoffensifs»

Moritz Leuenberger reconnaît certes que les animaux «ne sont pas des jouets inoffensifs», en prenant comme exemple l’incident de ce week-end dans le parc aux ours de Berne. Toutefois, il argumente que la protection des espèces est essentielle: «chacune d’entre elles a un rôle déterminant à jouer dans l’équilibre de notre planète».

Il cite comme exemple la réintroduction du lynx, qui a permis de diminuer les dégâts causés par les chevreuils aux forêts. Moritz Leuenberger rappelle que la Convention de Berne protège également les milieux naturels, car «tout se tient: le travail de la Convention de Berne est essentiel pour protéger l’animal et l’être humain».

Le traité n’est pas seulement «l’expression romantique des bons sentiments que l’on éprouve envers les plantes et les animaux: c’est une forteresse du développement durable», a plaidé Moritz Leuenberger.