Après l’épidémie de coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2002, puis celle du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) en 2012, 2019-nCoV est le troisième coronavirus à émerger au sein de la population mondiale au cours des deux dernières décennies, plaçant l’ensemble des institutions de santé publique en état d’alerte.

Lire aussi: Les marchés financiers posent déjà le diagnostic du coronavirus

Que sait-on exactement du virus près d’un mois après que les premiers cas se sont déclarés? A quel point est-il dangereux? Comment se propage-t-il? Le point en cinq questions.

Lire également: Le coronavirus, ce terreau fertile pour les rumeurs

1. Quelle est la virulence de 2019-nCoV?

Faute de données solides, il est encore difficile de mesurer la sévérité du coronavirus chinois. Selon un article paru le 24 janvier dans The New England Journal of Medicine, il semblerait que la maladie associée à 2019-nCoV soit sensiblement moins grave que les pathologies provoquées par les virus du SRAS et du MERS.

Cette affirmation serait corroborée par les chiffres liés à la mortalité du virus 2019-nCoV évaluée à environ 4%. Par comparaison, le taux de létalité du SRAS était de 9,5% et celui du MERS de 34%. Ces estimations pourraient néanmoins être amenées à évoluer en fonction du développement de l’épidémie.

Lire encore: La dangereuse passion des Chinois pour les animaux exotiques

«Ce que l’on sait pour le moment, c’est que ce virus peut, chez certaines personnes, causer des formes graves de la maladie, explique la professeure Isabella Eckerle, responsable du Centre des maladies virales émergentes des Hôpitaux universitaires de Genève. Les décès en lien avec 2019-nCoV semblent néanmoins avoir essentiellement touché des patients âgés entre 40 et 50 ans et présentant déjà des facteurs de risque, comme du diabète, de l’hypertension ou des maladies coronariennes.»

Lire finalement: La Chine à la difficile école de la transparence

2. Comment la maladie se manifeste-t-elle?

Cousin du SRAS, 2019-nCoV se manifeste principalement par de la fièvre, de la toux, de l’essoufflement et des difficultés respiratoires. Les symptômes rencontrés sont souvent proches de ceux de la grippe, dont l’épidémie poursuit actuellement sa progression.

Cet état de fait pourrait venir compliquer le travail des professionnels de la santé. «Pour l’heure, nous considérons que seules les personnes revenant de Chine et présentant des symptômes sont potentiellement à risque, ajoute Isabella Eckerle. Contrairement à l’épidémie de SRAS, la séquence génétique de 2019-nCoV a très vite été identifiée, ce qui nous permet de dépister plus précocement les personnes qui en seraient atteintes.»

3. Quel est le mode de transmission du virus?

Une chose est sûre: le coronavirus chinois se transmet bien entre humains. Ce que l’on ignore encore, c’est la manière dont celui-ci infecte de nouvelles personnes. «Comme pour le SRAS, il semblerait que le virus 2019-nCoV se transmette principalement par les sécrétions et non par l’air, décrit Isabella Eckerle. C’est la raison pour laquelle le meilleur conseil, pour le moment, est de suivre les recommandations standard d’hygiène des mains.»

Les doutes subsistent aussi quant à la période d’incubation de 2019-nCoV. Pour les experts, celui-ci oscille entre sept et quatorze jours. Les risques d’être contaminés par une personne porteuse du virus qui n’aurait pas encore développé de symptômes sont néanmoins faibles, selon Isabella Eckerle.

4. Quelle est son origine?

Les coronavirus sont des virus dits zoonotiques, à savoir que leurs réservoirs naturels sont des animaux, souvent la chauve-souris. Généralement, le passage vers l’être humain se fait via un autre animal, appelé hôte intermédiaire: la civette masquée pour le SRAS et le dromadaire pour le MERS. Dans le cas du coronavirus chinois, il est possible que des animaux vivants vendus sur le marché de Wuhan aient joué ce rôle.

5. Y a-t-il des moyens de traitement?

Il n’existe, pour l’heure, aucun traitement antiviral spécifique. Face à un patient touché par une forme sévère de la maladie, l’objectif sera donc d’éviter toutes complications respiratoires ou infectieuses supplémentaires.