Maintenant qu’il a franchi les frontières de Suisse, de plus en plus de personnes devront faire vérifier si elles ne sont pas porteuses du coronavirus. Comment? En prélevant du mucus dans leurs fosses nasales, en isolant les différents génomes, puis en les amplifiant à l’aide d’un processus moléculaire afin de repérer un éventuel virus, expliquent les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) dans une vidéo très pédagogique.

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Au bout de quatre heures, le résultat est là: positif ou négatif. Les HUG sont parvenus à développer leur propre méthode, mais d’autres laboratoires ont fait de même durant le mois de janvier, au fur et à mesure que les chercheurs parvenaient à identifier la séquence du génome du nouveau coronavirus. Le 23 janvier, Christian Drosten, à l’institut de virologie de l’hôpital universitaire de la Charité, à Berlin, réussissait en partenariat avec des confrères à élaborer un premier test de diagnostic. Sur cette base, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) était en mesure d’envoyer rapidement plus de 150 000 kits à 159 laboratoires dans le monde entier.

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«Kit Roche» à 280 francs

En dehors des universités et des institutions de santé publique, des dizaines d’entreprises ont également développé leurs propres tests selon la même méthode dite d’amplification en chaîne par polymérase (PCR): les firmes allemandes Aplona ou Euroimmun, l’Américain Liferiver ou encore Roche, qui a envoyé 20 000 kits dans 70 pays, selon la revue Nature. Leur outil, préparé par l’entreprise TIB Molbiol en Allemagne mais distribué par le groupe bâlois, est le plus utilisé en Suisse, précise l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

En Suisse, dix laboratoires sont actuellement habilités à détecter le coronavirus. Quelque 500 tests ont été effectués depuis le début de l’année, mais ce chiffre devrait sûrement augmenter dans les semaines à venir. Combien coûtent-ils? Roche refuse de répondre mais, selon l’OFSP, le kit vendu par le géant suisse vaut 280 francs, tandis que celui fabriqué par Liferiver est évalué à 1000 francs. Alors que les premières factures doivent être payées, les discussions sont toujours en cours à Berne. Au final, qui va les régler?


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Pas encore remboursé

Impossible de répondre pour le moment, car le dépistage du Covid-19 n’est pas inscrit dans la liste des analyses comprises dans l’assurance de base. A l’heure actuelle, il n’est donc pas remboursé. Mais des mesures accélérées ont été prises pour que ce soit bientôt le cas, précise l’OFSP, sans en dire plus sur le calendrier.

En attendant que la situation soit clarifiée, c’est l’incertitude qui prévaut. De leur côté, les assureurs maladie estiment que, selon l’article 73 de la loi sur les épidémies, tant que le kit n’est pas remboursé par l’assurance obligatoire, c’est à la Confédération de passer à la caisse.