humanités numériques

Coup de massue sur la Time Machine vénitienne

Les Archives d’Etat de Venise, une des trois parties prenantes de la Venice Time Machine, se retirent de ce vaste projet de recherche dirigé depuis Lausanne. L’EPFL clame son incompréhension

Un «Google Maps et un Facebook de Venise» à travers les siècles. La Venice Time Machine ambitionne de nous faire visiter virtuellement Venise grâce à la numérisation de millions de documents historiques de la Cité des Doges. Mais le projet avant-gardiste en humanités numériques a connu un sérieux couac avec le retrait unilatéral des Archives d’Etat de Venise, l’une des trois parties prenantes aux côtés de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de l’Université Ca’Foscari de Venise.

Il est impensable que la Venice Time Machine soit abandonnée

Frédéric Kaplan, directeur de la Venice Time Machine

Il est impensable que la Venice Time Machine soit abandonnée

Frédéric Kaplan, directeur de la Venice Time Machine

Après des années de collaboration cordiale depuis 2013, le contexte semble s’être dégradé avec la nomination récente d’un nouveau directeur aux Archives d’Etat de Venise, Gianni Penzo Doria. Le 13 septembre, celui-ci s’est entretenu par visioconférence avec le directeur lausannois du projet, Frédéric Kaplan. La discussion, premier contact entre les deux responsables, portait sur les licences d’exploitation et de partage des données de recherche. Elle fut «assez dure», selon les termes d’une source bien informée. Quelques jours plus tard, coup de théâtre: l’EPFL et l’université vénitienne apprennent par un communiqué des Archives et via les réseaux sociaux la suspension de la collaboration. Dans le monde académique, le procédé est – c’est un euphémisme – quelque peu cavalier.