Les déclarations de Daniel Koch, délégué pour le Covid-19 de l’Office fédéral de la santé publique, qui encourage les grands-parents à étreindre leurs petits-enfants, ont relancé le débat autour de la transmission du SARS-CoV-2 par les enfants. Pourtant, depuis l’annonce d’une réouverture des écoles le 11 mai prochain, certaines questions sont toujours en suspens.

«Les enfants sont moins gravement malades, c’est sûr et certain, et aujourd’hui, plus personne ne dit que les enfants ne sont pas touchés», rappelle Philippe Eggimann, infectiologue et président de la Société vaudoise de médecine. La dynamique de la transmission de la maladie chez les enfants reste à déterminer.

Des incertitudes autour de la transmission de la maladie

Une étude portant sur le cas, unique, d’un enfant malade dans la station de ski française des Contamines-Montjoie a été publiée le 11 avril. Elle montrait que malgré de nombreux contacts avec d’autres élèves et des professeurs, aucun cas secondaire n’avait été identifié chez ses proches. «Ce cas est peu significatif, car dans toute maladie virale il y a des super-diffuseurs et d’autres malades qui diffusent moins, tout dépend des symptômes et de la charge virale», note Philippe Eggimann.

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Une nouvelle étude française menée sur la base de tests sérologiques par l’Institut Pasteur a été pré-publiée le 23 avril. Elle concerne les élèves et personnels d’un lycée dans l’Oise, un des principaux foyers de la maladie en France, ainsi que leurs proches. Selon ses auteurs, le risque d’être infecté pour les parents d’un élève passait de 9 à 17% si le lycéen était infecté, et de 3 à 21% pour la fratrie. Ces résultats suggèrent donc qu’il existe une transmission chez les enfants.

«Comme on ne connaît pas la dynamique de transmission chez les enfants, il est important que les cantons se dotent d’un outil épidémiologique pour surveiller ce qu’il se passe dans les écoles et pouvoir réagir du jour au lendemain, souligne Philippe Eggimann. Ce qui pose problème, c’est la proportion de cas asymptomatiques chez les enfants, qui se situerait entre 30 et 50%.»

Un nouveau syndrome inflammatoire observé

Des incertitudes demeurent donc concernant les cas infantiles et de nouvelles questions ne cessent de se poser. Lundi, le service de santé public anglais (NHS) a émis une alerte, avertissant les médecins britanniques d’une augmentation du nombre d’hospitalisations d’enfants présentant «un état inflammatoire généralisé» et «nécessitant des soins intensifs» durant les trois dernières semaines. Ces patients présentent des symptômes proches de ceux d’un choc toxique et d’une maladie de Kawasaki, notamment des douleurs abdominales, de la fièvre, des vomissements ou de la diarrhée, ainsi que des résultats sanguins anormaux.

Selon le NHS, les enfants touchés sont d’âges divers. Certains ont été testés positivement au SARS-CoV-2, d’autres non, sans que les proportions soient communiquées. Pour le moment l’existence d’un lien entre ce syndrome inflammatoire et le Covid-19 n’est pas encore connue, mais n’est pas exclue.