Qu’en est-il de la transmission du Covid-19 par des personnes asymptomatiques, à savoir qui ne présentent pas du tout de symptômes de la maladie – et dont le nombre est estimé à 15%, voire jusqu’à 30% de la totalité des individus infectés selon une très récente étude espagnole parue dans The Lancet –, ou d’une possible infection par des malades présymptomatiques, c’est-à-dire n’ayant pas encore éprouvé les premières manifestations cliniques liées au nouveau coronavirus?

Alors que des clusters de cas réémergent en Europe, cette question prend toute son importance dans la gestion de l’épidémie. Or, du côté de l’Organisation mondiale de la santé, on semble encore minimiser le phénomène. Début juin, l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove, responsable technique de la réponse Covid-19 et cheffe de l’unité des maladies émergentes et des zoonoses à l’OMS, déclarait ainsi qu’il «était très rare que des personnes asymptomatiques transmettent la maladie», avant de souligner que cette observation était basée sur un nombre d’études relativement restreint.