La théorie du big bang a perdu l'un de ses derniers contradicteurs. L'astrophysicien britannique Fred Hoyle est décédé lundi dernier à Bournemouth, à l'âge de 86 ans. Chercheur à la pensée originale, amateur de polémique, il est l'auteur de théories qui lui ont valu tantôt la gloire incontestable, tantôt le mépris de la communauté scientifique.

C'est dans les années 1950 que Fred Hoyle a acquis la célébrité dans le monde de l'astrophysique. Avec ses collègues Willy Fowler, Margaret et Geoffrey Burbidge, il publie un article fondateur, expliquant la fabrication des atomes lourds dans les étoiles à partir de l'hydrogène et de l'hélium. Une suite d'équations toujours valables, pour lesquelles seul Fowler a été récompensé par le Prix Nobel de physique. Ses travaux le poussent également à comprendre pourquoi il y a autant de carbone dans l'Univers – l'atome qui forme le squelette de toutes les molécules de la vie –, un atome dont la fabrication semblait alors impossible aux théoriciens, tant son précurseur était instable.

Fred Hoyle s'est aussi très tôt intéressé à la cosmologie. La théorie d'un Univers issu d'une explosion originelle commençait à sortir des cercles universitaires. Le médiatique chercheur de l'Université de Cambridge n'y croyait pas. Invité à la radio, il lâche le terme de «big bang», le «gros boom», pour mieux ridiculiser ses «adversaires». Le terme a beaucoup plu, il est passé dans le langage courant, tandis que Hoyle mettait au point, en compagnie de Gold et Bondi, une théorie de l'état stationnaire. Selon lui, il n'est point besoin d'explosion pour créer l'Univers, car de la matière serait perpétuellement créée pour compenser son expansion. Cette théorie est aujourd'hui rejetée. Plus récemment, sir Fred Hoyle s'est aussi fait connaître comme fervent adepte de la théorie de la «panspermie». La vie ne serait pas apparue dans un océan terrestre, mais elle serait venue de l'espace sous forme de micro-organismes.

Fred Hoyle a donc produit des théories aux destins divers. Toujours la tête dans les étoiles, dont il avait compris le fonctionnement du cœur.