Premier décollage prévu en principe ce mercredi matin sur l’aérodrome de Payerne pour Solar Impulse, l’avion solaire imaginé par Bertrand Piccard et André Borschberg. C’est ce qu’a confirmé mardi matin Phill Mundwiller, porte-parole de ce projet à 100 millions de francs, qui ambitionne de démontrer qu’il est possible de recourir de manière innovante et efficace aux énergies renouvelables.

Si tout se passe comme prévu, l’avion sera sorti aujourd’hui déjà pour recharger ses batteries. Mercredi matin, il sera extrait dès 9h du hangar du Bureau fédéral d’enquête sur les accidents d’avions (BEAA), dans lequel il est fignolé depuis son arrivée il y a quelques semaines. Après les derniers réglages et contrôles techniques, le premier envol de cet aéroplane unique au monde devrait avoir lieu entre 11h et 13h. Le vol devrait durer environ 2h, essentiellement au-dessus des zones inhabitées et des trois lacs. Une fois passé ce délai, un envol paraît peu probable, le météorologiste en chef de l’équipe ayant annoncé une dégradation de la météo.

L’avion sera commandé par le pilote allemand Markus Scherdel. «Un pilote d’essai chevronné qui a travaillé pour l’agence spatiale allemande DLR, précise André Borschberg, directeur du projet. Instructeur de planeur, il est aussi ingénieur, ce qui est crucial pour nous, car il fait le lien entre nos techniciens et les pilotes.»

«Prouver qu’on est capable de poser l’avion après avoir maîtrisé les phases d’approche et d’atterrissage»: tel est l’objectif de ce premier vol, expliquait la semaine dernière Claude Nicollier, directeur des vols d’essai. Après le travail en simulateur et le saut de puce, «nous voulons voir comment contrôler l’avion, avec quelle facilité le pilote s’adapte à lui, l’apprivoise. Car il a 1h30 pour faire le premier atterrissage…», ajoute André Borsch­berg.

Durant ce vol, chaque micro-réaction mécanique ou aérodynamique de l’engin va être suivie grâce à 110 capteurs greffés sur lui. Ils communiqueront en continu avec le poste de contrôle au sol. «L’idée est d’en apprendre un maximum», résume André Borschberg. Passé ce premier test, les vols suivants serviront à explorer plus à fond ce que les spécialistes appellent l’«enveloppe de vol»: découvrir d’autres plages de vitesse, monter en altitude sont des manœuvres qui seront petit à petit tentées.