Des astronomes de l'observatoire de La Silla au Chili ont découvert une planète géante extrasolaire dont l'orbite et le temps de révolution sont très proches de ceux de la Terre. Sa trajectoire, si on la transposait à notre système solaire, croiserait celles de la Terre et de Vénus. De plus, la nouvelle planète tourne en 320 jours autour de l'étoile Iota Horologii, distante de 56 années-lumière. L'astre a une masse similaire à celle de notre soleil (1,03 fois plus massive) et est juste visible à l'œil nu dans la constellation de l'Horloge, dans l'hémisphère Sud.

C'est la première fois que les instruments de l'European Southern Observatory (ESO) réalisent une telle mesure. C'est le résultat d'un programme de surveillance d'une quarantaine d'étoiles semblables au Soleil qui a débuté en 1992. Comme toujours avec les planètes extrasolaires, ce sont des variations infimes et périodiques de la position de l'étoile qui renseignent sur la présence d'un compagnon invisible pour nos télescopes.

La détection de la planète en question s'est toutefois révélée particulièrement difficile en raison de ses similarités avec la Terre. Les astronomes ont en effet dû veiller à ne pas être induits en erreur par le mouvement propre de notre planète. A cause de cela, l'observation de l'étoile Iota Horologii s'est déroulée sur pas moins de cinq ans et demi.

La masse de la nouvelle planète correspond au moins à 2,2 fois celle de Jupiter, c'est-à-dire à 720 fois celle de la Terre. A l'heure actuelle, les astronomes ne peuvent pas détecter des compagnons plus légers. Si on veut un jour découvrir quelque part dans la galaxie une petite sœur jumelle de notre planète bleue – c'est-à-dire avec la même masse, la même orbite et la même périodicité –, il faudra augmenter la précision des télescopes d'un facteur 1000. Ce sera pour le prochain millénaire.

A. Vs