Cette planète de composition rocheuse est la preuve que des planètes de type terrestre se sont formées très tôt dans l’histoire de l’univers. Et qui dit planète rocheuse dit possibilité d’apparition de la vie, s’enthousiasme Stéphane Udry, de l’Université de Genève (UNIGE), coauteur de l’étude. Ces travaux impliquent que les astronomes ne doivent pas négliger les vieilles étoiles dans leur quête de planètes habitables, ajoute l’UNIGE.

C’est là un point crucial quand on sait que la majorité des étoiles proches de notre Soleil ont déjà atteint un âge respectable. De nombreuses planètes similaires à la Terre se cachent donc probablement autour de nos plus proches voisines cosmiques, supputent les auteurs de l’étude publiée dans la revue «Astronomy & Astrophysics».

Surprise totale

«La surprise fut totale quand nous avons réalisé ce que nous avions trouvé», raconte Xavier Dumusque, astronome au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA) et principal auteur de la découverte. «C’est une Terre mammouth!», renchérit Stéphane Udry.

Baptisée «Kepler-10c», du nom du satellite de la NASA qui l’a repérée pour la première fois, la planète nouvellement découverte se situe à quelque 560 années-lumière de la Terre. C’est encore «un peu» plus loin que «Kepler-186f», la première planète – découverte il y a moins de deux mois – hors du système solaire d’une taille comparable à la Terre et sur laquelle l’eau pourrait exister à l’état liquide.

Une voisine dans le même système

«Kepler-10c» tourne autour d’une étoile similaire au Soleil en 45 jours. Elle se trouve en direction de la constellation du Dragon et est accompagnée d’une autre planète, «Kepler-10b», qui tourne autour de l’étoile en seulement 20 heures. Cette dernière est cependant d’une toute autre composition, à savoir un monde de lave chauffé à l’extrême, d’une masse trois fois supérieure à celle de la Terre.

A la découverte de «Kepler-10c» et vu son volume 2,3 fois supérieur à la Terre, les astronomes s’attendaient plutôt à une planète de type «mini-Neptune», comprenant une épaisse enveloppe d’hydrogène et d’hélium. La surprise est survenue après que le consortium HARPS-Nord conduit par l’UNIGE a mesuré la masse de la planète au moyen d’un télescope installé sur l’île de La Palma aux Canaries.

11 milliards d’années

De prime abord et vu son âge, 11 milliards d’années, soit moins de 3 milliards d’années après le Big-Bang, «Kepler-10c», vu sa taille, aurait dû absorber des gaz. L’univers primitif ne contenait alors que de l’hydrogène et de l’hélium.

Les éléments plus lourds comme le silicium et le fer, nécessaires à la formation de planètes telluriques, ont été créés bien plus tard par la première génération d’étoiles que l’Univers a connue. «Kepler-10c» démontre ainsi que l’Univers était capable de créer de grandes planètes rocheuses même à une époque où les éléments chimiques nécessaires étaient rares.

Le consortium HARPS-Nord est un partenariat international. Aux côtés de l’UNIGE qui le dirige, on trouve TNG-INAF (Italie), le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (USA), ainsi que l’Université de St Andrews, l’Université d’Edinbourg et la Queens University Belfast (Royaume-Uni).