Neurosciences

Décrypter les rouages du cerveau

Pierre Magistretti est un spécialiste du métabolisme cérébral. Il dirige le Brain Mind Institute de l’EPFL, ainsi que le Centre de neurosciences psychiatriques du CHUV/UNIL, à Cery

«Tu es mon boss!» lui lâche parfois son ami Patrick Aebischer, président de l’EPFL mais aussi neuro­scientifique comme lui. Car Pierre Magistretti est, depuis 2005, le directeur du Brain Mind Institute, qui brille au plan mondial grâce notamment au Blue Brain de son collègue Henry Markram; ce projet veut faire «vivre» sur ordinateur une partie du tronc cérébral reconstitué grâce à un réseau de neurones. Internationalement reconnu dans le domaine du métabolisme du cerveau – il a été professeur invité au Collège de France en 2007 – le docteur en médecine formé à l’Université de Genève et aux prestigieux instituts Salk et Scripps (Etats-Unis) associe théorie et pratique puisqu’il dirige aussi le Centre de neurosciences psychiatriques du CHUV/UNIL à Cery. Son groupe de recherches a découvert des mécanismes cellulaires et moléculaires qui couplent l’activité neuronale et la consommation d’énergie dans le cerveau. «Ce qui m’a ouvert des pistes dans les maladies neurodégénératives», précise-t-il. Et d’ajouter: «Tout cela a été possible grâce à l’effet de catalyseur liant à l’EPFL les milieux purement biomédicaux, d’où je viens, et celui des ingénieurs. C’est grâce à un microscope que ces derniers ont développé pour les sciences des matériaux que nous avons réalisé certaines de nos avancées.» Et cette synergie, voulue par Patrick Aebischer, Pierre Magistretti, excellent vulgarisateur, en est un des moteurs principaux sur l’Arc lémanique.

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