«La demande pour atteindre l’orbite croît»

Le Temps: Cet échec de SpaceX va-t-il influencer les activités spatiales de la société?

Richard Rocket: Pour rappel, le lanceur européen Ariane V a connu cinq échecs durant ses 14 premiers vols. Puis 66 succès consécutifs. Des défaillances dans les premières années de vie d’un nouveau lanceur sont la norme. Sur un niveau purement technique, l’impact sera limité; SpaceX va continuer dans le business des lancements.

– Cet échec montre toutefois que l’accès à l’espace reste loin d’être facile, et plus coûteux qu’on ne le pense parfois. Le modèle du «low cost spatial» est-il remis en question?

– L’industrie spatiale privée (New­Space) ne vise pas la perfection dans la performance, mais une baisse des coûts à l’aide de l’innovation. Et l’innovation implique des risques, qui s’accompagnent de problèmes. Des freins peuvent se faire sentir. Or les sociétés innovatives, énergiques et souples défont ces freins. Même si SpaceX subit une augmentation mineure de ses charges, les sommes significatives investies dans le domaine des petits satellites et la demande générale croissante pour accéder à l’orbite continueront de soutenir le modèle d’affaires de SpaceX.

– Que faire pour que les sociétés privées reconquièrent la confiance?

– D’abord, une société n’est pas une industrie: SpaceX est l’une des 900 entreprises dans le monde qui souhaitent commercialiser le spatial. Même si l’échec de la dernière Falcon 9 est un coup de frein, nombre de firmes lèvent des fonds et développent des technologies pour acheminer des charges utiles en orbite. Nous nous attendons à ce que SpaceX soit vite à nouveau sur les rails et rappelle au monde à quel point cette société est résiliente.