Biologie de l’évolution

Denis Duboule, sur la piste des «gènes architectes»

Denis Duboule a rejoint l’EPFL en 2006, tout en gardant son poste de professeur à l’Université de Genève. Ce biologiste de l’évolution de renommée mondiale, qui a découvert les «gènes architectes», est aussi un vulgarisateur caustique et de talent.

C’est le demi-transfert d’une star à part entière dont toute la place scientifique lémanique a parlé en 2006. Demi, car à l’acceptation de son poste de professeur à l’EPFL, Denis Duboule a posé la condition de rester aussi à l’Université de Genève, où il dirige le Pôle de recherche national «Frontiers in genetics».

Ce chercheur franco-suisse s’est fait connaître mondialement en découvrant les «gènes architectes», qui régissent le développement des membres. Ses recherches ont montré que le pouce est pouce non parce qu’il serait le fruit d’une évolution optimale en termes d’utilité, mais simplement parce que la nature n’avait aucune possibilité de «construire» ce doigt autrement. Plus généralement, ses travaux ont confirmé l’intérêt de recourir à des souris pour comprendre l’embryologie. Ce qui a en a fait l’un des scientifiques les plus cités au monde, ­selon Bilan . Lauréat du Prix Marcel-Benoist (le «Nobel suisse»), il est un des sept Helvètes (sur 160) à officier comme réviseur pour la prestigieuse revue Science. S’il a rejoint l’EPFL, c’est parce que, outre une dynamique plus vaste, il y trouve les instruments lui permettant de mener au mieux ses travaux.

Vélocipédiste passionné, vulgarisateur caustique – il tient une chronique badine dans Le Temps – le biologiste ne rechigne jamais à expliquer l’importance de la recherche en génétique, notamment à travers les «Jours du gène», dans lesquels il est très impliqué.

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