Agrochimie

Deux pesticides neurotoxiques bannis de Suisse

L’OFAG a décidé d’interdire le chlorpyriphos et le chlorpyriphos-méthyl, puissants neurotoxiques déjà interdits dans de nombreux pays. Vingt-six produits commerciaux sont concernés

Le chlorpyriphos et le chlorpyriphos-méthyl, deux pesticides réputés dangereux et actuellement utilisés en Suisse (plus de 5000 kilos pulvérisés en 2017), pourraient bien être interdits dans les jours qui viennent, ont fait savoir les ONG Greenpeace et WWF dans un communiqué commun. Elles avaient entamé une procédure de demande d’interdiction des deux produits, dont les autorisations de mise sur le marché étaient en cours de réexamen auprès de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). L’administration a conclu que «ces deux molécules ne satisfont plus aux exigences actuelles pour une homologation, notamment pour des questions liées à la protection de l’environnement», confirme Olivier Félix, responsable du secteur Protection durable des végétaux de l’OFAG.

Il est incroyable que la Suisse prenne autant de temps à se décider

Adèle Thorens Goumaz (Verts/VD)

Vingt-six insecticides commerciaux sont concernés. Les stocks existants pourront être épuisés durant les douze prochains mois. Mais les entreprises qui les fabriquent disposent d’un délai de trente jours pour déposer un recours devant le Tribunal administratif fédéral. Si elles le font, «ce qui semble probable, elles pourront prolonger un peu la commercialisation de ces produits de quelques mois tout au plus, mais leur recours n’aura que de faibles chances d’aboutir compte tenu des informations scientifiques sur la toxicité de ces produits, et de leur interdiction effective dans d’autres pays», estime Philippe Schenkel, expert des questions agricoles pour Greenpeace Suisse.

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Plusieurs pays ont en effet d’ores et déjà interdit le chlorpyriphos, parmi lesquels le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Slovénie et la Suède. «Il est incroyable que la Suisse prenne autant de temps à se décider quand bien même de nombreux pays bannissent ces produits dont la toxicité est établie», s’étonne la conseillère nationale Adèle Thorens Goumaz (Verts/VD) qui a récemment déposé une interpellation sur ce sujet, pour l’heure sans réponse.

Les jours de ces deux puissants neurotoxiques semblent donc comptés. «La Suisse utilise 300 substances agrochimiques, dont un certain nombre posent des questions sanitaires ou environnementales. Le travail est loin d’être fini», conclut Eva Wyss, cheffe de projet agriculture pour WWF Suisse.

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