Deuxième vol test crucial pour le dernier-né de la gamme des lanceurs européens, Vega. La petite fusée de l’Agence spatiale européenne (ESA) doit décoller dans la nuit de samedi à dimanche, précisément à 2h06 GMT le 4 mai, depuis la base de Kourou, en Guyane français, avec sous sa coiffe trois satellites, dont surtout Proba-V.

Cette sonde miniaturisée d’un mètre cube pour 160 kg aura pour tâche d’observer au quotidien l’état des surfaces végétalisées à la surface de la Terre et de voir les modifications induites par l’homme au fil des ans. «L’objectif est d’assurer une continuation des engins précédents qui faisaient la même chose, à savoir Spot 4 et Spot 5. C’est une nécessité stratégique dans l’étude de l’environnement de notre planète», explique Frédéric Teston, le responsable du programme à l’ESA.

Plusieurs développements technologiques seront par ailleurs testés à bord du satellite, dont un système de communication inédit et potentiellement aussi utile ultérieurement pour le trafic aérien, ainsi que des équipements de fibres optiques.

Capacités et flexibilité

«Ce vol doit également démontrer les capacités étendues de lancement et la flexibilité de Vega», détaille Antonio Fabrizi, directeur des lanceurs à l’ESA. Le premier vol de cette petite fusée de 30 mètres de haut pouvant amener dans l’espace des petites charges utiles (entre 300 et 2500 kg, contre plusieurs tonnes pour la géante Ariane 5) a eu lieu le 13 février 2012 (lire LT du 13.02.2012 ). Hormis son implication financière annuelle habituelle dans l’ESA, la Suisse a participé directement à hauteur de 14 millions de francs au pot commun de ce programme, qui a encore solidifié davantage le rôle majeur que joue l’Europe dans le domaine des lanceurs.

A terme, Vega doit être exploité par Arianespace, l’agence européenne chargée de commercialiser ses lancements; jusqu’à trois pourraient avoir lieu chaque année. O. D.