Les promoteurs du Wap (Wireless Application Protocol) ne décolèrent pas. Selon les promoteurs de ce standard d'accès à Internet à partir d'un téléphone portable, la comparaison entre leur système – dont le succès en Europe est très mitigé – et l'Imode japonais n'est pas sérieux. «Cela revient un peu à placer d'un côté des pommes et de l'autre des oranges», déclarait à Hongkong en décembre 2000 Scott Goldman, l'un des défenseurs du Wap. Les deux technologies sont différentes. Si l'Imode a rencontré le succès que l'on sait, il ne le doit pas à ses vertus techniques, mais à la qualité des services offerts et à un environnement culturel beaucoup plus favorable…»

Sur le plan technique, l'analyse est juste. Le système Imode a été conçu pour fonctionner sur des combinés portables comportant deux canaux, l'un pour la voix, l'autre pour les données. Les téléphones nippons commercialisés par NTT Docomo permettent donc, sans difficulté, de recevoir des e-mails pendant que l'on parle. A la différence de la technologie par circuits utilisée pour le Wap en Europe (mais pas au Japon), l'Imode recourt à la technologie «par paquets» qui présente un net avantage de facturation: seul le temps de connexion passé pour échanger des données est facturé. Surfer sur un site Web adapté à l'Imode est donc quasiment gratuit (un abonnement modique est en général demandé) tant que l'internaute nomade ne télécharge rien. Outre la question des canaux, une autre différence de taille distingue les deux systèmes: la qualité des téléphones japonais. Beaucoup plus fins et légers, mais dotés d'écrans plus grands et de batteries de plus longue durée, les combinés nippons sont bien mieux adaptés que leurs concurrents européens à un usage interactif. C'est d'ailleurs là peut-être que la révolution Imode risque de se faire le plus sentir lorsque ce standard va débarquer en Europe. «Les téléphones Made in Japan sont assurés de tailler des croupières aux marques du Vieux Continent. Les grands conglomérats japonais (Sony, Matsushita, Sanyo...) vont se précipiter dans la brèche ouverte par l'Imode», assure un expert.