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Donald Trump à la Maison Blanche, lundi 11 décembre 2017.
© SAUL LOEB/AFP

Etats-Unis

Donald Trump veut renvoyer des Américains sur la Lune

Près d'un demi-siècle après Neil Armstrong, Donald Trump souhaite renvoyer des hommes sur la Lune afin de préparer une mission habitée vers Mars

Donald Trump a confirmé lundi 11 décembre sa volonté de renvoyer des hommes sur la Lune afin de préparer une mission habitée vers Mars, une ambition qui pourrait cependant être freinée par des contraintes budgétaires.

Près d'un demi-siècle après le «petit pas pour l'homme» et le «bond de géant pour l'humanité» de Neil Armstrong, la Lune, satellite naturel de la Terre, attise de nouveau les convoitises. «Cette fois, il ne s'agira pas seulement de planter notre drapeau et de laisser notre empreinte», a souligné Donald Trump lors d'une brève cérémonie à la Maison Blanche. «Nous établirons une base pour une mission ultérieure vers Mars et peut-être un jour vers d'autres mondes au-delà», a-t-il ajouté, signant une directive demandant à la Nasa d'accentuer ses efforts sur les missions habitées vers l'espace lointain, une priorité qui rassemble les élus des deux bords.

Saluant la présence de Harrison Schmitt, le dernier homme à avoir foulé le sol lunaire il y a 45 ans jour pour jour, Donald Trump a lancé: «Aujourd'hui, nous nous engageons à ce qu'il ne soit pas le dernier». «C'est enthousiasmant pour notre pays, et il se trouve que c'est aussi synonyme d'emplois. Et nous adorons les emplois!», a-t-il ajouté.

Financement flou

Mais le locataire de la Maison Blanche est resté très évasif sur le financement et le calendrier d'une telle initiative. Or les promesses de George W. Bush, qui avait affiché en 2004 sa détermination à faire marcher de nouveau des Américains sur la lune d'ici 2020, se sont heurtées à des questions de coût.

Pour Mars, l'addition sera encore plus salée. Les experts sont unanimes: atteindre la planète rouge, qui se trouve à une distance moyenne de 225 millions de kilomètres de la Terre, nécessitera une véritable prouesse technique et un budget immense. «Nous rêvons grand», a affirmé Donald Trump, promettant que les Etats-Unis resteraient «les leaders» de l'exploration spatiale.

Fin mars, Donald Trump avait signé une loi désignant les missions habitées vers l'espace lointain comme l'objectif central de la Nasa. Ce texte, adopté à l'unanimité par le Congrès, appelait l'agence spatiale américaine à travailler vers l'objectif «d'une mission habitée vers Mars au cours de la décennie 2030». La loi insistait sur l'importance du programme Orion, capsule dont l'objectif affiché est de voler plus loin qu'aucun engin spatial jamais construit pour transporter des humains. Orion sera propulsée vers l'espace par une puissante fusée baptisée «Space Launch System» (SLS).

Toutes les administrations successives ont poussé l'idée de partenariats avec le secteur privé pour résoudre les innombrables défis logistiques qui se posent. Parmi ceux-ci, la nécessité de transporter assez de nourriture et d'eau pour des trajets de plusieurs mois, voire plusieurs années. 

Sur la Lune «pour y rester»

Sur l'objectif Mars, Donald Trump s'inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur démocrate Barack Obama. Quelques semaines avant son départ de la Maison Blanche, ce dernier avait énoncé «le prochain chapitre de l'histoire de l'Amérique dans l'espace»: envoyer des humains sur Mars dans la décennie 2030 «et les faire revenir sur Terre en sécurité». Mais la nouvelle administration marque une inflexion par rapport à la précédente en insistant avec force sur le retour sur la Lune.

Le milliardaire Elon Musk, patron de SpaceX, et Jeff Bezos, riche propriétaire d'Amazon, qui a créé la société spatiale Blue Origin, ont rencontré plusieurs fois les conseillers de Donald Trump après son élection à ce sujet. Jeff Bezos avait fait part en janvier, dans un document soumis à la Nasa, de l'intérêt de Blue Origin pour construire un vaisseau et un atterrisseur lunaire capables d'assurer un service de livraison de fret, et des modules d'habitat sur la Lune.
Ce projet, expliquait-il, pourrait contribuer à «établir des colonies lunaires». Il estimait alors que le temps était venu pour que l'Amérique retourne sur la Lune pour «cette fois, y rester».

«La Nasa est impatiente de mettre en place la directive présidentielle visant à retourner sur la Lune, voyager sur Mars, et, au delà, explorer plus avant le système solaire», a déclaré le bien nommé Robert Lightfoot, administrateur de la Nasa.

Buzz Aldrin, deuxième homme à avoir marché sur la Lune après Neil Armstrong et fervent apôtre de missions habitées sur Mars, était également présent lundi à la Maison Blanche. Mais Donald Trump n'a - curieusement - pas relevé sa présence lors de son discours.

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