Fermer les restaurants, bars, hôtels, salles de spectacle, centres de sports, boutiques et lieux de culte… pour freiner la diffusion du SARS-CoV-2? Ou les rouvrir pour limiter l’impact socioéconomique? Mais lesquels, et dans quelles conditions? Tragique dilemme, qui rend bien difficiles les décisions politiques. D’où l’intérêt des différents modèles de diffusion de la pandémie, qui peuvent les éclairer.

Le dernier en date, conçu par des équipes californiennes (universités Stanford et de San Francisco), est publié le 11 novembre dans la revue Nature. L’approche, résolument innovante, se fonde sur les données massives issues des téléphones portables de 98 millions d’Américains – et rendues anonymes – récoltées entre le 1er mars et le 1er mai. Heure par heure, leurs mouvements ont été précisément cartographiés dans dix des plus grandes villes américaines (Chicago, New York, San Francisco…). Dans chaque quartier, leurs déplacements vers différents lieux publics (restaurants, lieux de culte, magasins…) ont été retracés. Soit, au total, 5,4 milliards d’heures de mobilité enregistrées, vers 553 000 lieux publics et dans 57 000 quartiers.