L’arrivée en 2009 du nouveau directeur de l’ Institut suisse de recherche sur le cancer (Isrec), l’Américain Douglas Hanahan, est emblématique de la méthode Aebischer: regrouper une masse critique de compétences pour qu’elle s’auto-alimente. Le chercheur s’est forgé une renommée internationale en travaillant sur les processus de transformation des cellules saines en cellules cancéreuses, ainsi que sur l’angiogenèse, le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent les tumeurs. C’est le déménagement de l’Isrec d’Epalinges à Ecublens, au sein de la nouvelle Faculté des sciences de la vie, et la perspective de développer un pôle de recherche d’importance mondiale qui ont décidé le scientifique à quitter San Francisco. «Jusqu’à présent, l’institut était trop isolé pour profiter des occasions qui se présentaient, analyse-t-il. Faire partie de la Faculté des sciences de la vie va nous permettre d’avoir accès à un grand pool d’experts. Nous avons aussi l’intention de fonctionner comme catalyseur pour organiser la communauté au sens large: l’Université de Lausanne et le CHUV, ainsi que toute la bio-ingénierie et les sciences naturelles qui se font à l’EPFL. Nous voulons créer quelque chose de beaucoup plus grand, afin de pouvoir être à la pointe dans ce domaine.» Il espère notamment réussir à capter les investissements des grandes compagnies pharmaceutiques suisses, qui se tournent actuellement vers l’étranger.