«C’est avec une profonde tristesse que nous informons du décès de Thomas Eric Duncan ce matin», a indiqué une porte-parole de l’hôpital dans un communiqué. «M. Duncan a succombé à une maladie insidieuse, Ebola, contre laquelle il a lutté courageusement», a-t-elle ajouté.

Ce patient libérien est le premier mort d’Ebola aux Etats-Unis. Il avait contracté le virus au Liberia. Comme cela était attendu depuis ces derniers jours, la Maison-Blanche a annoncé peu après mercredi un renforcement des contrôles des passagers en provenance du Liberia, de la Sierra Leone et de Guinée dans cinq aéroports: JFK à New York, Newark dans le New Jersey près de New York, Dulles à Washington et les aéroports internationaux d’Atlanta et de Chicago.

Ces aéroports sont la destination de 94% des passagers venant aux Etats-Unis, a dit le porte-parole de la présidence Josh Earnest lors du briefing quotidien, ajoutant que ces dispositions «concernent environ 150 passagers par jour».

De leurs côtés, les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et le Département de la sécurité intérieure ont précisé dans un communiqué que ces passagers seraient examinés à leur arrivée après le contrôle des passeports par des personnels de santé afin de détecter tout signe de la maladie.

Ces voyageurs se verront prendre leur température avant d’être soumis à un questionnaire sur les contacts qu’ils auraient pu avoir avec des malades dans le pays de provenance.

Si des personnes ont de la fièvre ou d’autres symptômes suspects, ou ont eu des contacts suspects, ils seront alors placés en quarantaine par les CDC.

«Nous pensons que ces nouvelles mesures vont protéger davantage la santé des Américains», a déclaré le Dr Tom Frieden, le directeur des CDC. Mais, a-t-il ajouté, «il faut comprendre qu’il n’y a pas de risque zéro tant que l’épidémie d’Ebola ne sera pas stoppée en Afrique de l’Ouest».

Rejet d’une interdiction des vols

Au cours des deux derniers mois, environ 36’000 personnes ont fait l’objet de vérifications au départ des trois pays les plus touchés (Liberia, Sierra Leone et Guinée), a-t-il précisé. Seule une petite proportion se rendait aux Etats-Unis.

Sur ces 36’000 personnes, seulement 77 avaient de la fièvre ou d’autres symptômes suspects, mais aucune n’avait Ebola, a dit le Dr Frieden.

Mardi, il avait indiqué rejeter, tout comme le président Barack Obama, une interdiction des vols vers et depuis les pays d’Afrique affectés, comme le demandent certains membres du Congrès.

Selon lui, cela aggraverait la crise sanitaire en réduisant la capacité de ces nations à lutter contre l’épidémie.

Après le diagnostic de M. Duncan, le patient du Texas, des voix se sont élevées au Congrès pour resserrer les contrôles afin de réduire davantage le risque que des personnes infectées puissent entrer sur le sol américain.

M. Duncan était arrivé à Dallas le 20 septembre sans symptôme, en provenance du Liberia via Bruxelles, commençant à avoir des symptômes le 24 septembre. Il a été finalement hospitalisé le 28 septembre et placé en quarantaine.

Il avait été aux urgences une première fois et renvoyé chez lui alors qu’il était déjà contagieux. Une personne infectée peut transmettre le virus par des fluides corporels quand les symptômes apparaissent.

Son état s’était dégradé pendant le week-end. Il avait été branché sur respirateur artificiel et mis sous dialyse, avait expliqué mardi le centre hospitalier, le Texas Health Presbyterian Hospital, à Dallas.

Les médecins avaient commencé à le traiter avec un traitement expérimental, l’antiviral brincidofovir développé par Chimerix, une firme américaine.

Les autorités sanitaires surveillent de près 48 personnes ayant été plus ou moins en contact avec M. Duncan, notamment dix considérées à haut risque d’infection: trois membres de sa famille et sept personnels soignants. A ce jour, aucune d’entre elles n’a eu des symptômes d’Ebola.