La chouette effraie effrayée par l’homme

Oiseaux Résultats étonnants

Des scientifiques de la Station ornithologique de Sempach ont découvert que la chouette effraie était plus sensible qu’estimé aux dérangements induits par l’homme, et qu’elle souffrait de l’agriculture intensive. Le rapace nocturne, que l’on pensait pourtant bien adapté à la présence de l’homme, est tout de même dérangé là où l’activité de ce dernier est la plus marquée. Les chercheurs l’ont vérifié en mesurant chez les jeunes du nichoir le taux de corticostérone, l’hormone du stress.

Par ailleurs, l’intensité de l’agriculture dans le rayon de chasse des parents effraies a aussi son importance. En effet, les concentrations d’hormone de stress dans le sang sont plus hautes chez les jeunes élevés en zone agricole intensive. Les poussins y jouissent d’une moins bonne condition physique et sont moins nombreux à atteindre l’âge de l’envol que chez les familles logées dans des zones exploitées moins intensivement.

Ces résultats permettent des conclusions pour la conservation de l’espèce, dit la Station ornithologique. Qui recommande à ceux qui viennent en aide à l’effraie en posant des nichoirs d’installer ceux-ci aux endroits peu fréquentés par les humains. Bettina Almasi, auteure de la recherche parue dans la revue Oecologia, conseille de les placer «là où les haies sont proches, pour que l’effraie ait à disposition les rongeurs dont elle nourrit ses jeunes».