Au Népal, quand les neiges éternelles ne seront plus
Une organisation intergouvernementale unique en son genre travaille à comprendre, anticiper et agir face au chaos provoqué par le changement climatique sur le Toit du Monde
Tempête, incendies, inondations, la Suisse est rattrapée par des événements extrêmes qu’on a longtemps crus réservés à d’autres régions du monde. Les sécheresses, canicules et autres pluies diluviennes se multiplient ici aussi, en raison du changement climatique. Le Temps fait le point.
«Si je suis trop bavard, il faut me le dire», s’interrompt Tenzing Chogyal Sherpa avec un large sourire, en remontant de l’index ses lunettes sur son nez. A 30 ans, l’expert en cryosphère, spécialisé dans la surveillance par capteurs, est un passionné des montagnes. Témoin des bouleversements inouïs de l’Himalaya sous l’effet du dérèglement climatique, le jeune Népalais raconte le sort des glaciers qui, pour la grande majorité, sont condamnés à disparaître d’ici à la fin du siècle. «La glace fond à une vitesse effrayante, plus que nous ne l’imaginions, commente le glaciologue. Les montagnes deviennent instables et l’adaptation est indispensable.»
Ce constat est celui d’un rapport publié en juin par les chercheurs qui travaillent aux côtés de Tenzing Chogyal Sherpa dans de beaux bâtiments à l’architecture traditionnelle, en banlieue de Katmandou. Créé en 1983, le Centre international de mise en valeur intégrée des montagnes (Icimod) est une organisation intergouvernementale unique en son genre. Ses huit pays membres se partagent la chaîne de l’Hindou-Kush-Himalaya, longue de 3441 km, qui rassemble ainsi l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, le Népal, la Chine, le Bhoutan, le Bangladesh et la Birmanie.