Voilà une décennie, ce jeudi 1er mars, qu’Envisat capture les couleurs de la Terre. Lancé en 2002, ce satellite d’observation de l’Agence spatiale européenne (ESA) était le plus gros jamais construit, avec sa taille d’autobus et ses 8 tonnes, pour un prix de 3,5 milliards de francs.

Avec ses dix instruments, sa tâche consistait à établir un bilan de santé environnemental de la planète ainsi qu’à scruter ses moindres soubresauts (volcanisme, événements météo, fonte des glaces, etc.). Envisat a ainsi été un spectateur privilégié des ravages de l’ouragan Katrina en 2005, de divers feux de forêts qui ont calciné le monde ou de la spectaculaire éruption du volcan islandais en 2010.

Durant dix ans – soit le double de sa durée de vie prévue –, il a fourni aux scientifiques des quantités infiniment précieuses de données sur divers événements naturels, et permis de tester le système de surveillance de la Terre GMES. Surtout, il a livré de somptueuses images de la planète dite «bleue».

Après avoir parcouru plus de 50 000 orbites terrestres, et 2,25 milliards de kilomètres, il s’apprête à devenir l’un des plus gros déchets spatiaux: l’ESA ne sait pour l’instant pas comment le désorbiter, mais en a fait la cible principale de son programme de nettoyage de l’espace CleanSpace, selon sa responsable Luisa Innocenti (LT du 16.02.2012) .