«La quasi totalité des locaux du Campus Biotech sont occupés, alors que j’étais très inquiet jadis que cela ne soit pas le cas», se réjouit Ernesto Bertarelli qui les a rachetés en 2012 avec le milliardaire Hansjörg Wyss, pour y installer un centre de recherches de pointe en biotechnologies. Dans le secteur sud de ce campus, une zone de 20 000 m2 reste disponible. Le milliardaire et ancien patron de Serono dit ce qu’il veut en faire, et explique la relation du Campus Biotech avec l’EPFL, en commentant le remplacement à fin 2016 de son président visionnaire, Patrick Aebischer.

Le Temps : Quel est le plan développement pour cette partie du Campus Biotech?

Ernesto Bertarelli : C’est un potentiel poumon essentiel pour accompagner le développement du Campus. Il est encore prématuré de se fixer sur l’une ou l’autre direction. Pour l’heure, il faut que l’initiative que nous avons lancée sur le site se concrétise. Nous faisons de petits investissements pour préparer le site afin de pouvoir offrir au plus vite des disponibilités s’il y avait des opportunités.

– De quel genre?

– Je préfère temporiser légèrement pour bien comprendre le genre d’entités qui pourraient au mieux soutenir notre effort en approvisionnant avec de nouvelles énergies l’écosystème qu’on essaie de créer. Il peut s’agir autant de start-ups que d’entreprises ayant déjà plus de moyens et d’ambitions.

– Le bail passé par l’EPFL avec le Campus Biotech pour les locaux qu’elle lui loue, notamment pour loger le Human Brain Project, est de 30 ans. Une durée qui a été fortement discutée, tant elle est longue...

– Il faut avoir une ambition à long terme pour une institution comme l’EPFL, les défis scientifiques qu’elle s’est lancée sont justifiés et représentent les grands enjeux scientifiques de notre siècle.

– Ceci pour autant que l’EPFL garde le même cap. Or son «capitaine» va changer à fin 2016.

– Je le sais – on le sait tous – Patrick Aebischer a fait un travail extraordinaire. Il ne faut pas aller chercher son clone, ce n’est pas ce que l’on veut [Ernesto Bertarelli siège au Conseil de Fondation de l’EPFL, ndlr]. Mais il est certain que l’on espère remplir le vide qu’il va laisser avec une personnalité qui fera autant de bien à l’école et à son écosystème, c’est à dire toute la région lémanique.

– Une personnalité qui sera donc recherchée dans la continuité de l’actuel président, ou dans sa différence?

– Il faut un peu des deux. Aujourd’hui, il serait dommage d’arrêter ou de remettre en question les grandes initiatives qui ont été lancées, ce serait du gâchis. Mais il ne faut pas non plus avoir peur du changement, je me réjouis de voir arriver quelqu’un avec du dynamisme, des idées, de l’innovation et la même capacité à fédérer qu’a Patrick Aebischer.