Dans le cadre de cet accord, l’ATV européen («Automatic Transfer Vehicle») sera modifié pour devenir un module de service du vaisseau spatial américain Orion, destiné à transporter des astronautes vers un astéroïde et Mars dans les années 2030.

L’ATV, construit pour acheminer du fret à la Station spatiale internationale (ISS), a déjà effectué avec succès trois missions vers l’avant-poste orbital depuis 2008.

L’ATV modifié sera attaché directement sous Orion et fournira la propulsion, l’électricité, le contrôle thermique ainsi que l’eau et d’autres vivres aux astronautes qui voleront à bord du vaisseau spatial, successeur de la navette, dont le premier vol d’essai non-habité est prévu en 2014.

La NASA prévoit une seconde mission – cette fois avec des astronautes à bord – autour de la Lune en 2021.

«Il s’agit de la première étape d’une coopération internationale […] au-delà de l’orbite terrestre basse», a commenté William Gerstenmaier, directeur adjoint de la NASA pour l’exploration habitée lors d’une conférence de presse au Centre spatial Johnson à Houston, au Texas.

«Je pense que cet accord sera beaucoup plus étendu que celui sur lequel repose la Station spatiale internationale (ISS) alors que nous avancerons dans l’exploration et développerons de nouveaux systèmes destinés à des vols au-delà de l’orbite basse», a-t-il dit, se disant convaincu que l’exploration spatiale devait être «internationale».

«Un signe fort de confiance»

«Nous ouvrons une nouvelle phase dans la coopération (spatiale) transatlantique», s’est de son côté félicité Thomas Reiter, responsable des vols habités à l’ESA

«La décision de la NASA de coopérer avec l’ESA sur son programme d’exploration habitée, dans lequel l’agence européenne fournit un élément essentiel de la mission, est un signe fort de confiance dans les capacités de l’ESA», a-t-il aussi déclaré.

«Pour l’ESA c’est aussi une contribution importante à l’exploration spatiale habitée», a ajouté cet ancien astronaute qui a volé sur la navette spatiale américaine.

Réticente jusqu’à présent à une coopération internationale pour l’exploration spatiale habitée lointaine, la NASA paraît avec cet accord être mieux disposée à une telle approche.

Un rapport de l’Académie américaine des sciences publié en décembre avait conclu que la NASA ne pouvait pas remplir toutes ses missions avec le budget alloué (18 milliards de dollars par an) par le Congrès et préconisé dans ces temps de difficultés budgétaires, la coopération internationale pour l’exploration spatiale habitée lointaine.

«Le message est que les Etats-Unis devraient, s’ils veulent rester le leader mondial dans l’espace, travailler plus étroitement avec les autres pays pour définir les objectifs futurs de l’exploration spatiale, ce qui n’est pas le cas actuellement», avait alors expliqué John Logsdon, ancien directeur du Space Policy Institute à l’Université George Washington.