Le président Barack Obama a annoncé mercredi que la mobilisation de l’armée américaine dans la lutte contre le virus Ebola en Afrique de l’Ouest allait céder la place à une opération civile pour «éteindre» l’épidémie.

«Plutôt que de combattre l’épidémie, nous cherchons maintenant à l’éteindre», a déclaré M. Obama depuis la Maison Blanche, où il était entouré entre autres de responsables d’organismes engagés dans la lutte contre Ebola.

Le Pentagone avait annoncé mardi soir que les Etats-Unis avaient commencé à retirer leurs soldats d’Afrique de l’Ouest, qui ont été jusqu’à 2 800 surtout déployés au Liberia et marginalement au Sénégal. Moins d’une centaine devraient rester sur place d’ici fin avril.

«Nous avons été à la hauteur du défi», s’est félicité M. Obama.

Les soldats ont construit des centres de traitement d’Ebola, formé du personnel de santé, fourni du soutien logistique aux agences d’aide internationale et mis sur pied des laboratoires d’analyses de sang.

L’épidémie de fièvre hémorragique – la plus importante depuis l’identification du virus en 1976 en République démocratique du Congo (RDC) – a fait plus de 9 000 morts dans les trois pays d’Afrique occidentale les plus touchés (Liberia, Guinée, Sierra Leone), selon les chiffres publiés vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au cours de la dernière semaine de janvier, seulement 124 nouveaux cas ont été répertoriés dans ces trois pays, soit une très importante réduction par rapport au pic de l’épidémie. Mais il s’agissait néanmoins de la première hausse en 2015, ce qui a poussé M. Obama à ne pas crier victoire. Hausse qui s’est d’ailleurs confirmée lors de la première semaine de février avec 144 nouvelles contaminations, principalement en Guinée.

«Je veux être très clair, même si nos soldats reviennent au pays, le travail des Etats-Unis n’est pas terminé. Notre mission n’est pas achevée», a-t-il insisté. Le Liberia «a le mieux progressé, la Sierra Leone est sur la bonne voie et la Guinée a encore du chemin à faire».

«Notre objectif est désormais d’atteindre zéro» nouveau cas car «tant qu’il n’y a ne serait-ce qu’un seul cas actif d’Ebola, il y a toujours un risque. Chaque cas qui n’est pas maîtrisé est une étincelle susceptible d’allumer un nouvel incendie», a relevé M. Obama.

Cette épidémie est partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, avant de se propager car le virus est transmis par contact direct avec les fluides corporels des patients présentant les symptômes, notamment fièvre et vomissements.

La durée d’incubation maximale est de 21 jours.