Des chercheurs ont observé une surmortalité, des troubles hépatiques et rénaux, voire des tumeurs mammaires, chez des rats nourris avec un maïs OGM du géant américain Monsanto. Cette étude française a été mise en ligne mercredi par la revue Food and Chemical Toxicology. Des experts appellent toutefois à prendre ces résultats avec prudence.

«Pour la première fois au monde, un OGM et un pesticide ont été évalués pour leur impact sur la santé plus longuement et plus complètement que par les gouvernements et les industriels. Or les résultats sont alarmants», fait valoir Gilles-Eric Séralini, pilote de l’étude. Les chercheurs de l’Université de Caen ont suivi pendant deux ans un groupe de rats témoins ainsi que 200 rats qu’ils ont répartis en trois grands groupes: le premier a été nourri avec un maïs OGM NK603 seul, le second avec ce maïs OGM traité au Roundup, herbicide le plus utilisé au monde, lui aussi commercialisé par Monsanto, et le troisième avec du maïs non OGM traité avec cet herbicide. «Les résultats révèlent des mortalités bien plus rapides et plus fortes au cours de la consommation de chacun des deux produits» (OGM et Roundup), résume le professeur, qui a déjà signé plusieurs études sur le sujet, mais sur la base de données sur 90 jours fournies par les industriels.

Recul nécessaire

Le programme suisse chargé d’évaluer les risques des OGM (PNR59) a rendu son rapport final cet été, concluant qu’il n’y avait pas d’indication que ceux-ci nuisaient à la santé ou à l’environnement. «Je trouverais surprenant qu’après une dizaine d’années de recherche dans le domaine, on trouve une mortalité spectaculaire due à du maïs génétiquement modifié», commente Dirk Dobbelaere, ancien président du comité du PNR59. Le chercheur précise qu’il n’a pas vu l’étude, mais il ajoute qu’avec ce type de travaux, il faut parfois prendre du recul pour estimer si les résultats sont concluants.