Evaluer l’impact des éruptions sur le climat

Volcans Modèle mis au point à l’Unige

Survenue en juin 1991, l’éruption du volcan philippin Pinatubo, considérée comme la plus importante du siècle, a entraîné une baisse globale des températures de 0,4°C. Les grandes éruptions de ce type émettent en effet d’énormes quantités de soufre qui bloquent en partie le rayonnement solaire au niveau de la stratosphère et refroidissent ainsi le climat pendant quelques années. Une nouvelle méthode mise au point par une équipe internationale avec la participation de l’Université de Genève (Unige) pourrait permettre de mieux quantifier le refroidissement induit par ces événements, selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience.

Jusqu’à aujourd’hui, les deux méthodes utilisées pour simuler le refroidissement entraîné par les éruptions volcaniques passées donnaient des résultats contradictoires. Lorsqu’ils avaient recours à des simulations informatiques du climat, les scientifiques mesuraient un refroidissement beaucoup plus important et plus long que s’ils utilisaient la dendroclimatologie, soit l’analyse des cernes de croissance des arbres. Du fait de ces difficultés, il était difficile de déterminer avec précision l’impact des grandes éruptions sur le climat.

Simulations sophistiquées

Avec leur nouvelle méthode, les scientifiques sont parvenus à réconcilier les deux approches. En dendrochonologie, la densité des cernes des arbres, très sensibles aux températures, a été mieux prise en compte. Les physiciens du climat ont élaboré de nouvelles simulations sophistiquées du comportement des aérosols volcaniques. Résultat, les deux modèles donnent désormais des estimations convergentes. Ce travail suggère que les perturbations des échanges de rayonnement liées à l’activité volcanique avaient été jusqu’ici surestimées.