Des experts ont commencé à examiner lundi à Genève la gestion internationale de la grippe pandémique H1N1 alors que les critiques à ce propos se sont multipliées contre l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Nous cherchons à tirer les leçons […] sur la façon dont l’OMS et la communauté internationale ont répondu à la pandémie», a expliqué la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, en ouvrant la réunion des experts, à laquelle assistaient des représentants de ses 193 pays membres et des ONG. «Nous voulons savoir ce qui a bien fonctionné. Nous voulons savoir ce qui n’a pas marché et, dans l’idéal, pourquoi? Nous voulons savoir ce qui aurait pu être amélioré et, dans l’idéal, comment?».

En réponse à des accusations selon lesquelles elle a exagéré la menace de la première pandémie du XXIe siècle sous l’influence des laboratoires pharmaceutiques, amenant ses 193 pays membres à acheter bien plus de vaccins que nécessaire, l’OMS a formé un comité de 29 experts de 28 pays. «Nous voulons une évaluation franche, critique, transparente, crédible et indépendante de notre performance», un an après l’apparition du virus sur le continent américain, a indiqué Mme Chan.

Elle a rappelé que les experts devraient examiner le règlement sanitaire international, le texte qui régit la prévention et la réponse à apporter aux crises sanitaires à l’échelle mondiale. Son fonctionnement a «subi un test extrême en raison d’une maladie infectieuse à grande échelle et suivie de près», a estimé Mme Chan.

Certains membres du Conseil de l’Europe, qui a créé une commission d’enquête, ont critiqué avec virulence l’OMS alors que la polémique enflait dans de nombreux pays sur les millions de vaccins inutilisés promis à la destruction. Les campagnes de vaccination avaient été recommandées par l’OMS, mais elles ont été boudées par des populations réticentes alors que le nombre de morts se révélait moins élevé qu’initialement craint.

La première réunion des experts, qui ont été priés de détailler toute collaboration antérieure avec le secteur pharmaceutique, durer trois jours à Genève, siège de l’OMS. Un rapport intérimaire sera transmis à Mme Chan avant l’assemblée générale de l’OMS en mai. Leurs conclusions finales sont attendues en janvier 2011.