La recrudescence des cas de Covid-19 qui frappe actuellement la Suisse est comparée à une vague. Mais pour de nombreuses personnes, elle s’apparente plutôt à une infranchissable montagne. Comment allons-nous vivre pendant les longs mois d’automne et d’hiver avec cette menace, et avec les contraintes qui l’accompagnent?

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Depuis le printemps passé, de nombreux progrès ont été réalisés en termes de dépistage et de traitement du covid. On sait aussi désormais quelles mesures permettent de contenir sa propagation. Bref, nous sommes parés pour faire face à cette nouvelle vague. Le vrai défi réside aujourd’hui dans le fait d’emporter l’adhésion de la société. Face à une situation anxiogène, la contestation monte au sein de la population et des partis politiques.

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Les mesures anti-covid, au premier rang desquelles le confinement de ce printemps, ont certes eu un impact très négatif sur l’économie et mis de nombreuses personnes dans des situations difficiles. Mais une bonne part de la démobilisation actuelle prend racine dans des désagréments relativement mineurs: l’inconfort du port du masque, le fait de ne pas pouvoir partir en vacances ou de devoir renoncer à des événements familiaux de grande ampleur. D’un point de vue individuel, la lutte contre la pandémie prend ainsi la forme d’une longue liste de contraintes, forcément rebutante.

Préserver notre cohésion sociale

Mais elle peut aussi être perçue de manière plus positive. Respecter les consignes contre le covid, c’est aussi participer à un formidable exercice d’intelligence collective face à un fléau naturel. L’histoire montre que des efforts concertés permettent de riposter face à un nouveau virus. Ainsi, grâce à des campagnes de prévention, à une amélioration du diagnostic et des traitements, le VIH n’est-il plus aujourd’hui le redoutable meurtrier qu’il a été par le passé. Et si le sida ne peut toujours pas être guéri, il est devenu une pathologie chronique.

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L’être humain doit son succès sur terre à sa forte capacité d’adaptation: le moment est venu d’en faire une nouvelle démonstration. Cela semble d’autant moins insurmontable que dans quelques mois, avec le retour des beaux jours et la mise à disposition progressive d’un vaccin, la situation va s’améliorer. Quelle satisfaction alors, si nous pouvons considérer qu’ensemble, nous sommes parvenus à limiter le nombre de décès et à préserver notre cohésion sociale. Ce serait aussi de bon augure pour les autres combats qui nous restent à mener, notamment contre le réchauffement climatique.

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