Animaux de rente

A la ferme aussi, les antibiotiques ne sont plus automatiques

En dix ans, les élevages suisses ont divisé par deux leur consommation d’antibiotiques. Des efforts remarquables, dans un contexte de lutte contre les bactéries résistantes

Dès samedi 7 septembre, des militants arborant des pancartes bleu ciel sillonneront les principales villes de Suisse afin de promouvoir l’initiative pour une eau potable propre et une alimentation saine. Dans quelques mois, lors du vote, les électeurs devront notamment décider s’il faut maintenir les subventions aux agriculteurs qui utilisent des pesticides dans leurs champs ou administrent des antibiotiques à titre prophylactique à leur cheptel.

Ce dernier point est particulièrement polémique: voilà quelques années que les bactéries résistantes sont en augmentation en Suisse. Selon une étude publiée fin 2018 dans The Lancet, celles-ci seraient responsables de 276 décès par an dans le pays. La prolifération de ces tueurs en série que sont les Escherichia coli ou les carbapénémases est due notamment à un usage massif des antibiotiques dans l’industrie humaine et vétérinaire. Ces molécules se retrouvent dans la viande, mais aussi dans les eaux.