Robotique

Festival de robots suisses à Lausanne

Drones comestibles, exosquelettes motorisés, robots-chiens... Le Pôle de recherche national «Robotique» a rassemblé sur le campus de l'EPFL les laboratoires membres de ce programme scientifique

Une jeune femme qui se promène avec un robot tenu en laisse: pas de doute, nous sommes bien au «Swiss Robotics Industry Day», grand raout de la recherche suisse en robotique, qui s’est tenu ce mercredi 2 novembre sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Chercheurs et ingénieurs issus du Pôle de recherche national «Robotique» (NCCR Robotics) mais aussi de diverses start-up s’y sont retrouvés pour échanger sur ce champ d’étude en plein essor.

Sur place, il était surtout question de robots d’assistance: prothèses motorisées intelligentes, exosquelettes dernier cri, machines dévolues aux tâches éducatives ou encore les drones spécialisés dans les missions de sauvetage ou la livraison de médicaments. Ces derniers occupaient une bonne place parmi les nouveautés mises en avant pour cette deuxième édition du Swiss Robotics Industry Day.

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Drone symbiotique

Pour livrer du matériel, participer à des opérations de sauvetage, ou encore filmer des images spectaculaires: les drones sont partout. Mais ces petits avions téléguidés sont si difficiles à manier qu’ils nécessitent souvent une formation, explique Carine Rognon, du Laboratoire des systèmes intelligents de l’EPFL, affilié au PRN Robotique. Avec ses collègues elle participe, au sein d’un projet de recherche transversal, à la mise au point d’une veste permettant de diriger avec le corps un drone dit «symbiotique». «L’idée c’est de devenir le drone, pour le piloter plus facilement et plus intuitivement qu’avec une télécommande ou un ordinateur», détaille-t-elle.

Sur cette veste qui ne pèse pas plus lourd qu’un blouson de cuir, des capteurs (accéléromètres, gyroscopes, etc.) analysent les mouvements des bras et du torse du pilote, assis sur un tabouret. En se penchant dans une direction ou une autre, et en jouant à l’oiseau (quoiqu’avec moins de grâce), celui-ci imprime des mouvements au drone – pas un véritable appareil, mais une simulation sur ordinateur, le projet n’en étant qu’à ses prémices.

«Avec cette veste, pas besoin d’être un professionnel pour diriger un drone, on peut s’en servir directement», explique la jeune chercheuse qui indique qu’un pilotage facilité des drones, sans recours à des professionnels, revêt un intérêt certain pour les opérations de secours. «A plus long terme, nos recherches portent sur l’amélioration des interactions entre l’homme et les machines», indique-t-elle.

Autre nouveauté surprenante, un drone dont les ailes sont en… riz soufflé! L’idée: faire atterrir l’appareil dans des zones sinistrées afin de fournir des rations alimentaires aux populations concernées, sans recourir aux parachutes comme c’est le cas aujourd’hui. Le prototype présenté est un poids plume, à peine 200 grammes, dont 60% sont comestibles. Mais le petit appareil ressemblant à un jouet est capable de s’affranchir des bourrasques, assure son concepteur Jun Shintake, du même laboratoire.

Dans ce même registre de «drone de secours», un drone pliable issu du Laboratoire des systèmes intelligents est protégé par une cage sphérique en fibres de carbone, ce qui assure une meilleure sécurité aux personnes devant réceptionner l’appareil.

Un drone tout sauf claustrophobe

Des start-up étaient également présentes. C’est le cas de Flyability qui était venue présenter son produit phare: le drone d’inspection. Egalement équipé d’une sphère protectrice en fibres de carbone, l’appareil est voué à prendre le relais de l’homme dans l’exploration d’endroits confinés tels que des conduits d’aération ou des crevasses de glaciers.

S’il n’est pas repliable sur lui-même, la spécificité du produit de Flyability réside sur le fait que le drone est découplé de sa cage de protection. En d’autres termes, si l’engin heurte un obstacle, le mouvement de rotation induit par l’impact n’affecte que la structure protectrice, le drone conservant quant à lui son axe vertical. De quoi maintenir l’appareil en l’air, tout en assurant une prise d’images de bonne qualité.

Vers une ère des robots de loisirs

Initié en 2010 pour une durée de douze ans, le NCCR Robotics en est à la mi-parcours. L’occasion pour son directeur Dario Floreano de faire le point sur l’avenir de ces machines, du laboratoire aux applications concrètes. Le marché de la robotique a bondi de 22% entre 2014 et 2015, a-t-il d’abord rappelé en préambule, la part la plus élevée revenant au domaine de la santé. Et les ventes devraient encore augmenter à l’avenir, surtout concernant les robots domestiques ou de loisirs. «Le fait que ces deux domaines acquièrent une part plus importante sur le marché est selon moi un très bon indicateur du développement de la robotique», a-t-il conclu.

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