Microscope

La fidélité sur le bout des doigts

Le caractère fidèle ou frivole adopté lors d’une relation amoureuse peut-il se lire sur nos doigts? C’est ce que suggèrent des biologistes des Universités d’Oxford et de Newcastle, qui viennent de publier une étude dans la revue Biology Letters . Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à chercher un seul partenaire, et d’autres à en avoir un maximum? Chez les animaux, la question ne se pose pas. Au sein d’une même espèce, les règles régissant les stratégies d’accouplement sont valables pour tous les individus, mâles comme femelles. Une espèce est donc soit strictement monogame (cygnes, loups, manchots…), soit polygame.

Pour le biologiste Robin Dunbar, la variété de comportements sexuels observés chez l’humain serait inscrite dans notre morphologie. Il a en effet été démontré que le ratio (que l’on nomme «2D: 4D») entre les longueurs de l’annulaire et de l’index droits d’une personne est directement corrélé au taux de testostérone auquel elle a été exposée lorsqu’elle n’était qu’un embryon.

Votre annulaire droit est plutôt long par rapport à votre index droit? C’est que vous avez été plus exposé à la testostérone avant votre naissance, et donc que vous préférez avoir de multiples partenaires. Du moins c’est la conclusion de Robin Dunbar, qui s’appuie sur le ratio 2D: 4D de 1313 Britanniques. Ses résultats, qui intègrent aussi des réponses à des questionnaires, indiquent que les personnes – hommes ou femmes – appartiennent distinctement à l’une ou l’autre des catégories, selon la valeur du ratio. Mais attention, car «ces différences sont subtiles et ne permettent pas de prédire le comportement à l’échelle d’un seul individu, a prévenu le Pr Dunbar dans un communiqué. Le comportement sexuel est si complexe qu’il ne peut être déterminé par un seul facteur.» De quoi rassurer les infidèles.