Le 1er avril, les Etats-Unis perdront leur suprématie dans l’espace. Ce jour-là doit décoller la dernière navette spatiale, Endeavour, avec à bord l’élément final de la Station spatiale internationale (ISS) ainsi que l’Alpha Magnetic Spectrometer (AMS), une expérience qui élucidera peut-être le mystère de la matière sombre emplissant l’Univers. Quelques semaines avant, c’est Discovery qui aura effectué son vol d’adieu. Certes, il se murmure qu’un ultime vol (d’Atlantis) pourrait avoir lieu cet été mais, pour financer cette option, le patron de la NASA doit amputer d’autres de ses propres budgets. Et lorsque l’on sait que chaque lancement coûte 450 millions de dollars…

La fantastique aventure de l’oiseau blanc avait commen­cé dans les années 80; cinq navettes avaient été construites. Pour les remplacer, la NASA développe Orion, véhicule spatial qui ne devrait pas être opérationnel avant 2015. D’ici là, les astronautes américains voyageront à bord des fusées Soyouz russes. A moins que l’incursion fulgurante sur l’échiquier spatial des sociétés privées ne change la donne. Le 8 décembre 2010, l’entreprise américaine SpaceX est devenue la première à lancer en orbite puis à récupérer une capsule spatiale qui pourrait abriter sept personnes. Deux autres vols d’essai sont prévus cette année. Durant le deuxième, le vaisseau privé devrait s’arrimer à l’ISS, mais toujours à vide pour l’instant.

Outre les Chinois, qui commenceront en mars la construction de leur propre station spatiale, Tiangong , l’ Agence spatiale européenne (ESA) sera aussi à l’honneur en 2011. Sa base de Kourou, en Guyane française, verra les premiers décollages d’une Soyouz et de la nouvelle Vega. Avec cette petite fusée ainsi que l’engin russe, et bien sûr la gigantesque Ariane 5, l’Europe possédera la palette complète des lanceurs de satellite et tiendra les premiers rôles dans ce domaine. Les Américains ne sont définitivement plus les maîtres de l’espace.