L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait vendredi sa surveillance de la flambée de cas d’hépatite aiguë chez de jeunes enfants au Royaume-Uni ces dernières semaines, avec 74 cas déclarés depuis janvier dernier et dont l’origine reste à déterminer. «Il est probable que le nombre de déclarations des cas augmente dans les prochains jours», selon l’agence internationale. Certains cas ont nécessité un transfert dans un service spécialisé dans les maladies du foie et six enfants ont dû subir une transplantation, a précisé l’OMS. Aucun décès n’a été recensé.

L’Ecosse a la première rapporté des cas inhabituels d’hépatite aiguë, le 5 avril dernier, chez dix enfants âgés de 11 mois à 5 ans et sans autres problèmes de santé. Les symptômes incluaient jaunisse, diarrhée, vomissements et douleurs abdominales. Les dix cas ont été détectés après hospitalisation. Trois jours plus tard, le nombre total de cas déclarés s’élevait à 74, en Ecosse mais aussi en l’Angleterre, en Irlande du Nord et au Pays de Galles.

Ce mardi, le Centre européen de prévention et de surveillance des maladies (ECDC) informait que des cas avaient aussi été rapportés en Espagne, au Danemark et aux Pays-Bas.

L’autorité américaine de surveillance des maladies (CDC) enquête également sur neuf cas de la même affection chez des enfants âgés de 1 à 6 ans dans l’Etat de l’Alabama, rapportait jeudi dernier la revue médicale STAT News.

En Suisse, aucun cas inhabituel d’hépatite grave chez l’enfant n’a pour l’instant été déclaré, selon l’Office fédéral de la santé publique, contacté mardi par Le Temps.

Les pistes infectieuses

La cause de ces hépatites aiguës, pour l’instant inconnue, est en cours d’investigation. «Nous travaillons activement avec le Service de santé publique et les collègues des autorités sanitaires en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, pour enquêter sur une large série de facteurs possibles qui pourraient amener ces enfants à être hospitalisés avec cette inflammation du foie connue sous le nom d’hépatite», a commenté Meera Chand, directrice des infections cliniques émergentes à l’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni (UKHSA). Les virus habituels causant les hépatites (A à E) n’ont pas été détectés chez ces enfants, selon le UKHSA. L’autorité a aussi précisé qu’aucun des cas confirmés au Royaume-Uni n’a reçu le vaccin contre le Covid-19.

Une des pistes étudiées est une origine infectieuse. Certains enfants ont été testés positifs pour le SARS-CoV-2 (le coronavirus à l’origine du Covid-19) et/ou un adénovirus. Ces derniers sont des virus communs à l’origine d’un large éventail de maladies bénignes, et la plupart des personnes se remettent sans complication, d’après le UKHSA. L’hépatite aiguë est une complication connue mais rare de ce virus, qui provoque le plus souvent des rhumes, parfois des vomissements et des diarrhées. Les adénovirus se transmettent par contact et par les voies respiratoires.

Le Royaume-Uni a récemment observé une augmentation de l’activité de ce groupe de virus, qui circule avec le SARS-CoV-2. Mais le rôle des adénovirus dans le développement de la maladie n’est pas clair, explique l’OMS. Des adénovirus ont aussi été détectés chez certains des enfants atteints d’hépatites aiguës inhabituelles aux Etats-Unis.

D’autres causes infectieuses ou environnementales possibles sont examinées par les autorités nationales de chaque pays.