En octobre 2016, sur un versant du Lautaret dans les Alpes françaises, des morceaux de prairies alpines prennent leur envol. Dans un ballet d’hélicoptère, plusieurs parcelles totalisant 40 mètres carrés de terre et de végétation sont transportées de 2450 mètres à 1950 mètres d’altitude, puis replantées. Grâce à cette migration forcée, ces prairies se retrouvent subitement plongées dans des températures supérieures de 3°C.

Une manière d’accélérer le temps en mimant le climat qui dominera la fin du XXIe siècle, si rien n’est fait pour réduire nos émissions. Comment s’adapteront ces plantes? Comment vont-elles interagir avec les autres végétaux, les insectes et les microorganismes des sols, qui tissent entre eux la trame de cet écosystème montagnard? Au bout de quatre ans d’observation, ce laboratoire à ciel ouvert, baptisé «alpages volants», commence à livrer ses premiers résultats.