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Le 29 novembre 2017, le Dellingr  est lancé depuis la Station spatiale internationale. Ce satellite  de la taille d'une boîte de chaussure appartient à la société  CubeSat 
© AFP/ NASA

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Les fusées privées se bousculent dans l’espace

Vendredi, une fusée de SpaceX sera de nouveau envoyée vers la Station spatiale internationale. La NASA dépend de plus en plus des missions privées

Consultez notre dossierLa bataille des fusées

Vendredi à 5h42 du matin (11h42 en Suisse), une fusée de la société américaine SpaceX, du controversé Elon Musk, décollera de Floride avec deux tonnes et demie de matériels de la Nasa, pour s'amarrer trois jours plus tard et 400 kilomètres plus haut à la Station spatiale internationale.

Il s'agit de la quinzième mission de SpaceX pour la Nasa depuis 2012, et une autre société, Orbital ATK, en a accompli neuf. Si ces missions sont devenues routinières, elles incarnent une révolution dans l’histoire spatiale: avant SpaceX, seuls les Etats ravitaillaient la station et les fusées étaient à usage unique.

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Dominer l'espace grâce au privé

La Nasa est tellement dépendante du secteur privé qu’elle a passé des contrats avec SpaceX et Boeing pour y envoyer ses astronautes à partir de 2019, dès que leurs capsules habitées seront prêtes. Depuis l’arrêt de son programme de navettes en 2011, l’agence spatiale américaine ne peut en effet plus envoyer personne dans l’espace: elle doit acheter une place dans le Soyouz russe lancé depuis Baïkonour, au Kazakhstan.

«Jamais on n’a vu autant d’activité de la part du secteur privé en plus du public», explique John Logsdon, professeur émérite à l’université George Washington et spécialiste de l’espace. SpaceX a effectivement bouleversé le secteur du lancement de satellites, effectuant plus de 55 tirs de sa fusée Falcon 9 depuis 2010. Avec elle, les Etats-Unis ont repris l’initiative mondiale après plus d’une décennie dominée par Russes et Chinois. 

«Les Russes ont le plus perdu en part de marché des lanceurs», explique Tom Stroup, président de la fédération professionnelle Satellite Industry Association. Après un embouteillage l’an dernier, les lancements de satellites devraient fortement augmenter dans les prochaines années.

Du côté européen, Arianespace maintient son rythme de lancements et prépare sa nouvelle fusée Ariane 6, pour rester compétitive, à partir de 2020.

Des fusées de plus en plus petites

L’orbite terrestre n’a jamais été aussi accessible. Grâce à la miniaturisation, de petits satellites de quelques kilogrammes sont fabriqués rapidement et pour quelques dizaines de milliers de dollars. Ces Cubesats, modulables, représentaient 292 des 345 satellites lancés en 2017, selon le rapport annuel de la Satellite Industry Association.

Dans les prochains mois, la start-up OneWeb ainsi que SpaceX veulent également placer en orbite des constellations de centaines de petits satellites pour offrir un accès internet à très haut débit au sol. La course à l'internet satellitaire bat son plein.

Le marché de l’observation terrestre suscite également une concurrence féroce. Plusieurs sociétés veulent faire de même pour fournir à des clients publics et privés des photographies de haute résolution et fréquentes de lieux comme des infrastructures, des terres agricoles ou des installations militaires.

Pour ce marché des «smallsats», des sociétés développent des fusées aussi plus petites. L’une d’elles, l’Américaine Rocket Lab, doit effectuer son premier lancement commercial en Nouvelle-Zélande ce mercredi.

Bientôt des touristes dans l'espace

Quant au tourisme spatial, il est sur le point de devenir une réalité. Virgin Galactic multiplie les essais de son vaisseau SpaceShipTwo VSS Unity, où une place coûtera tout de même 250 000 dollars. Et Blue Origin, la firme fondée par le patron d'Amazon Jeff Bezos, vient d'annoncer que les billets pour une place à bord de sa fusée New Shepard seraient vendus en 2019. Les deux véhicules n'iront pas en orbite mais feront flotter les passagers en apesanteur pendant plusieurs minutes.

Pour les missions lointaines, la NASA reste en avance

La Nasa, sous l'impulsion de Donald Trump, se concentre désormais sur la construction d'une station orbitant autour de la Lune. Un prélude à l'envoi d'astronautes sur Mars, dans un avenir lointain.

Pour le premier voyage humain autour de la Lune depuis 1972, la Nasa développe Orion, sa propre capsule. Elle met également au point sa fusée SLS, qui sera la plus puissante jamais construite aux Etats-Unis. Premier voyage en orbite lunaire sans équipage est prévu en 2020, et avec des astronautes d'ici 2023.

Pour ces missions d'exploration lointaine, elle semble plus avancée que la méga-fusée de SpaceX BFR, appelée à être encore plus puissante que Falcon Heavy, sa grande fusée testée en février.


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