Des casques à réalité virtuelle, des appendices robotisés et des textiles connectés: le campus Biotech à Genève avait pris des airs futuristes jeudi 26 février. Le bâtiment accueillait en effet la conférence «Augmented Human 2016», un raout international dans lequel de nombreuses équipes de recherche étaient venues présenter leurs travaux et rencontrer leurs confrères.

Sous ce terme anglo-saxon se regroupent toutes les technologies destinées à améliorer les performances humaines physiques, intellectuelles voire émotionnelles. Les nouveautés présentées à Genève s’adressaient néanmoins plutôt aux personnes en situation de handicap qu’aux geeks voulant devenir des surhommes.

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Gionata Salvietti, du laboratoire de robotique et systèmes de Sienne, était ainsi venu présenter un dispositif de «6e doigt» robotisé. L’appareil consiste en une sorte de bracelet sur lequel est greffé un long doigt articulé qui ressemble à un Lego. Deux boutons permettent d’ouvrir ou resserrer l’étreinte de ce doigt. Une invention simple et intuitive qui pourrait aider la préhension d’objets chez les personnes dont tout un côté du corps est paralysé après un accident vasculaire cérébral.

Un peu plus loin, des curieux essaient un casque à réalité virtuelle. Le logiciel qui l’accompagne a été spécialement développé par des scientifiques de l’université de Singapour. Une fois installé, il est possible de «voir» les ondes Wi-Fi. Car l’appareil détecte les différents réseaux Wi-Fi aux alentours. Plus les signaux sont puissants (autrement dit, plus on est proche d’une source d’ondes Wi-Fi), plus la vision se trouble.

Google veut rentrer dans nos vêtements

Parmi les invités de marque, Nan Wei Gong, directrice R&D du projet Jacquard d’Alphabet (Google) est venue exposer la vision du géant californien en termes de vêtements connectés, regroupés sous le terme «wearables».

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Avec Jacquard, Google vise la connexion de tous nos vêtements. «Ce qui détermine l’adoption par le public, c’est la nature des matériaux utilisés», a assuré Nan Wei Gong, pour qui les technologies doivent être intégrées de manière invisible dans des tissus existants.

C’est ce sur quoi elle travaille avec son équipe: Jacquard a pour ambition de glisser quelques fils conducteurs en cuivre dans les tissus actuels, sans changer quoi que ce soit aux procédés de fabrication des industries textiles. Ainsi augmentés, les vêtements peuvent communiquer avec nos appareils mobiles. Devenus sensibles au toucher, ils sont alors des prolongements des écrans tactiles de nos smartphones. Mais pour que tout cela perce réellement, il faudra résoudre un problème de taille: celui de l’alimentation électrique, qui repose pour l’instant sur des batteries que l’on fait difficilement rentrer dans du tissu.