Réchauffement

Les glaciers en fonte libèrent des polluants chimiques

Une équipe de chercheurs de l’EMPA, de l’EPFZ et de l’EAWAG ont identifé que le recul des glaciers représentait une source importante de pollution. En fondant, la masse glacière libère plusieurs polluants atmosphériques déposés par le passé qui s’écoulent dans les eaux de fonte et sédimentent dans les lacs

Selon les chercheurs, dont les conclusions ont été publiées dans la revue scientifique «Environmental Science and Technology», le recul des glaciers représente une source secondaire de substances interdites depuis longtemps et qui ne sont plus produites industriellement.

Ces substances nommées POPs (»persistent organic polluants») sont des polluants difficilement dégradables dans l’environnement. Nombre d’entre eux perturbent le système endocrinien ou sont cancérigènes. Ils peuvent être transportés via l’atmosphère sur de longues distances et on les retrouve pratiquement partout dans le monde.

Oberaarsee

Lorsque les glaciers fondent, ces produits chimiques s’écoulent dans le lac le plus proche, a indiqué mardi le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA). Là, ils s’accumulent dans les sédiments.

Les chercheurs se sont penchés en particulier sur l’Oberaarsee, un lac de retenue à 2300 m d’altitude à proximité du Col du Grimsel, dans l’Oberland Bernois. En hiver 2006, des sédimentologues de l’EAWAG, l’Institut de recherche sur l’eau du domaine des EPF, sont partis pour extraire du lac gelé des carottes de sédiments d’environ un mètre de longueur et six centimètres de diamètre.

Ils ont constaté que les carottes de sédiments se laissent lire strate par strate jusqu’en 1953, quand le barrage de l’Oberaarsee a été édifié. Au cours des années 1960 et 1970, des POPs se sont déposés en grandes quantités sur ce lac alpin. La pollution s’est réduite quand, au début des années 1970, beaucoup de ces substances ont été interdites.

Nouvelle hausse

Une nouvelle hausse des POPs s’est produite dans les couches de sédiments qui ne sont pas âgées de plus de dix à quinze ans. Depuis la fin des années 1990, les quantités de substances chimiques se situent à un niveau en partie plus élevé que dans les années 1960 et 1970.

Raison probable: avec le réchauffement, le glacier Oberaargletscher, qui alimente le lac, s’est rétracté de plus de 120 mètres ces dix dernières années et a ainsi pu libérer des quantités importantes de substances toxiques. Des mesures effectuées dans d’autres lacs alpins confirment le phénomène, selon les conclusions des chercheurs.

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