Les derniers changements ayant affecté les glaciers du Tien Shan, en Asie centrale, sont décrits dans la revue Nature Climate Change par des chercheurs suisses, allemands et russes. Un travail réalisé dans le cadre du projet européen ACQWA, que coordonne l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université de Genève.

L’évolution de ces glaciers sous l’influence du réchauffement climatique aura un effet sensible sur le débit des cours d’eau de la région et donc des implications directes sur son approvisionnement en eau douce, son irrigation et son potentiel hydroélectrique, souligne l’Université de Genève dans un communiqué.

Les monts Tian, situés aux confins de la Chine, du Kazakhstan et du Kirghizistan, constituent la cinquième plus importante chaîne de montagne du monde après l’Himalaya, les Andes, les Rocheuses et le Pamir. Leurs glaciers ont perdu entre 0,1% et 0,8% de leur surface par an au cours des dernières décennies. Un recul comparable à celui des glaciers alpins.

Changements attendus

«L’intensification de la fonte des glaciers affecte fortement la quantité et la répartition saisonnière de l’eau, explique la première auteure de l’étude, Annina Sorg, chercheuse à l’Institut des sciences de l’environnement de Genève. Dans un premier temps, le retrait des glaciers va augmenter les ressources en eau disponibles, mais à terme la réduction du volume des glaciers entraînera une diminution de la quantité d’eau disponible si les précipitations ne la compensent pas.»

Or, les scénarios imaginés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoient une augmentation des précipitations hivernales de 4% à 8% mais une réduction des précipitations estivales de 4% à 7% d’ici à 2050.